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Hubei : comment l'amélioration des transports permet de faire découvrir au monde les richesses des montagnes d'Enshi

le Quotidien du Peuple en ligne 21.09.2026 11h28
Hubei : comment l'amélioration des transports permet de faire découvrir au monde les richesses des montagnes d'Enshi
Photo prise le 18 septembre 2026 montrant la plantation de thé de Taozibao, l'une des principales zones de production de thé de la préfecture autonome Tujia et Miao d'Enshi, dans la province du Hubei (centre de la Chine). (Lu Jinbo/Xinhua)

Lorsque Yin E a commencé ses études universitaires à Enshi en 2010, elle faisait partie de la première promotion du département de tourisme nouvellement créé au sein de l'établissement. « Avant, il était très difficile d'entrer ou de sortir d'Enshi », a-t-elle déclaré. « Nous avions des paysages d'exception, mais le mauvais état des routes nous isolait ».

Située dans la province du Hubei (centre de la Chine), la préfecture autonome Tujia et Miao d'Enshi se trouve au cœur des montagnes Wuling. La région présente une altitude moyenne d'environ 1 000 mètres, avec des sommets dépassant les 3 000 mètres et des falaises abruptes à presque chaque tournant.

« À l'époque, il fallait trois jours de route pour rejoindre Wuhan, la capitale provinciale », a souligné Yin E. Les deux villes ne sont pourtant distantes que d'environ 460 kilomètres.

La situation a commencé à évoluer vers 2010, lorsqu'Enshi a inauguré sa première ligne ferroviaire et sa première autoroute ; ces deux projets étaient considérés comme figurant parmi les plus complexes sur le plan technique, tant en Chine qu'à l'échelle mondiale.

« C'est à ce moment-là que les touristes ont vraiment commencé à affluer », a souligné Fan Houtao, directeur général d'une entreprise touristique du Hubei.

Le Grand Canyon d'Enshi, l'une des attractions les plus célèbres de la région, a ouvert ses portes aux visiteurs en 2008, accueillant plus de 100 000 personnes cette année-là. En 2025, la fréquentation annuelle a atteint 2 millions de visiteurs, dont plus de 80 % venaient de l'extérieur de la province.

Le canyon a été classé site touristique national de catégorie 5A, le niveau le plus élevé en Chine, et a intégré le réseau mondial des géoparcs de l'UNESCO.

« Une part croissante de nos visiteurs provient désormais d'Asie du Sud-Est, de la République de Corée et de Mongolie », a indiqué Fan Houtao. En 2025, la préfecture a lancé des formations régulières en langues étrangères pour les guides touristiques et le personnel des sites, afin de répondre à la demande croissante. La réputation grandissante de la région repose également sur les traditions, l'architecture et la gastronomie bien préservées des ethnies Tujia et Miao.

Il en va de même pour le thé. « La culture du thé est l'un des moyens traditionnels de subsistance des agriculteurs locaux », explique Liu Qiangsheng, de l'Association de l'industrie du thé d'Enshi. Si l'environnement de haute altitude favorise une production de qualité, le transport de la récolte hors des zones montagneuses était autrefois coûteux et ardu.

L'amélioration des infrastructures de transport a permis aux producteurs de thé d'Enshi de développer leur activité ; la valeur totale de la production du secteur a triplé au cours de la dernière décennie pour atteindre 30 milliards de yuans (environ 4,44 milliards de dollars). Le thé est désormais le principal produit agricole d'Enshi ; il est distribué dans toute la Chine ainsi que dans plus de vingt pays et régions à l'étranger, notamment au Maroc, en Australie et en Russie.

Par ailleurs, Enshi compte aujourd'hui quatre lignes ferroviaires et neuf autoroutes en service. Le trajet vers Wuhan s'effectue désormais en quatre heures environ.

« Notre thé atteint les marchés par voie maritime et ferroviaire. Une partie est expédiée depuis Ningbo, dans la province du Zhejiang, tandis qu'une autre rejoint l'Europe via le service de fret ferroviaire China Railway Express », a précisé Liu Qiangsheng, ajoutant que « certaines de nos variétés les plus célèbres ont même été servies lors d'événements diplomatiques officiels ».

D'autres produits autrefois isolés dans les montagnes, tels que les légumes riches en sélénium, les pommes de terre et les plantes médicinales, accèdent eux aussi aux marchés chinois et internationaux.

Pour Enshi, autrefois l'une des régions les plus pauvres de Chine, l'amélioration des transports a ouvert de nouveaux débouchés et permis aux habitants d'augmenter leurs revenus. « Enshi a connu des transformations considérables durant la lutte contre la pauvreté », a noté Xia Xifan, gouverneur de la préfecture. « Chaque village comptant au moins vingt foyers a été relié au réseau routier grâce à des investissements conjoints des autorités centrales et locales. »

L'exemple d'Enshi s'inscrit dans une dynamique bien plus vaste : l'effort massif et soutenu de la Chine pour développer ses infrastructures.

Le réseau ferroviaire à grande vitesse chinois dépasse désormais les 50 000 kilomètres, représentant plus de 70 % du total mondial, soit davantage que le reste du monde combiné. De plus, son réseau de voies rapides, qui s'étend sur près de 200 000 kilomètres, est lui aussi le plus vaste au monde : un maillage de routes et de voies ferrées reliant les régions les plus prospères du pays aux zones les plus reculées.

Avant d'entrer à l'université, Yin E n'avait jamais quitté Enshi. Son village natal est niché au cœur des montagnes, là où ses parents cultivaient pommes de terre et maïs. Ils devaient marcher deux heures pour acheminer leurs récoltes jusqu'au marché du bourg ; Yin, elle aussi, parcourait deux heures de marche pour se rendre à l'école. « La vie à Enshi a tellement changé », a-t-elle déclaré. « J'ai pu voyager à travers le pays et, aujourd'hui, j'ai même été sélectionnée pour faire découvrir la culture et les atouts touristiques d'Enshi au monde entier. »

« L'amélioration des transports est un projet qui touche directement le cœur des gens », a de son côté affirmé Xia Xifan. « Toutes les actions du gouvernement convergent vers un objectif unique : offrir une vie meilleure à la population et parvenir à la prospérité commune. »

Dans le cadre de son plan de développement des transports pour la période 2026-2030, la Chine vise à porter le taux d'achèvement de son réseau de transport intégré de 91 % à 95 % d'ici 2030. Elle prévoit également de finaliser un réseau ferroviaire à grande vitesse plus interconnecté, comprenant huit axes principaux verticaux et huit axes horizontaux, ainsi qu'un réseau autoroutier national. Par ailleurs, le pays construira ou modernisera 500 000 kilomètres de routes rurales et renforcera les infrastructures ferroviaires et aéroportuaires régionales dans les zones rurales et les régions moins développées.

À Enshi, la transformation se poursuit.

L'aéroport d'Enshi a été modernisé et est devenu un aéroport international en 2025. Le trafic passagers ayant dépassé les prévisions, des projets de relocalisation et de reconstruction de l'aéroport ont été entrepris. La construction de la première ligne ferroviaire à grande vitesse desservant Enshi a débuté fin 2024. De 2026 à 2030, Enshi prévoit d'investir 268,8 milliards de yuans dans ses infrastructures de transport.

« Ces efforts aideront Enshi à atteindre son objectif de modernisation complète d'ici 2035 », a conclu Xia Xifan.

(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)