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Les entreprises européennes intègrent de plus en plus des technologies chinoises
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| (Kang Jinqian/Xinhua) |
Dans une usine de machines située à Vicence, en Italie, des robots de fabrication chinoise soudent des composants et déplacent des matériaux. Ces machines proviennent de l'entreprise Chengdu CRP Robot Technology Co., Ltd., qui compte désormais plus de 20 partenaires répartis dans 13 pays européens.
Il y a trente ans, l'entrepreneur allemand Harald Kumpfert s'appuyait principalement sur des technologies européennes pour ses projets d'économie d'énergie en Chine. Aujourd'hui, il achète des pompes à chaleur, des équipements de stockage thermique et des échangeurs de chaleur chinois, et s'efforce d'introduire ces technologies chinoises en Europe. « Désormais, la majeure partie de la technologie provient en réalité de Chine », a déclaré M. Kumpfert lors d'un salon professionnel à Chengdu, capitale de la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine).
La 19e édition du salon de la coopération commerciale et technologique entre l'Europe et la Chine, qui s'est achevée vendredi, a réuni environ 200 entreprises chinoises et européennes, donnant lieu à près de 400 entretiens d'affaires individuels. L'expérience de M. Kumpfert illustre l'importance que les entreprises européennes accordent aux fournisseurs chinois.
Selon une enquête menée par la Chambre de commerce de l'Union européenne en Chine, 94 % des personnes interrogées considèrent que l'approvisionnement en Chine est important, voire très important, pour leurs chaînes logistiques et la réussite de leur activité ; par ailleurs, 75 % estiment que leurs lignes de production en Chine sont plus efficaces que celles situées ailleurs.
Le secteur automobile illustre parfaitement comment concurrence et coopération peuvent coexister.
Les progrès rapides de la Chine dans le domaine des véhicules à énergies nouvelles ont intensifié la concurrence pour les constructeurs automobiles européens historiques. Pourtant, ces derniers continuent de s'intéresser à l'investissement en Chine et collaborent avec des entreprises chinoises pour explorer des opportunités sur les marchés européens, a souligné Adam Dunnett, secrétaire général de la Chambre, qualifiant le développement des véhicules électriques en Chine de « tout simplement remarquable », et ajoutant qu'il existe un potentiel considérable pour une coopération accrue.
« Je pense que les perspectives d'avenir sont bien plus prometteuses que ne le suggère l'attention portée aux défis auxquels nous sommes confrontés aujourd'hui », a-t-il également affirmé.
Certaines entreprises européennes développent également leurs activités de recherche et développement (R&D) en Chine.
Ainsi du groupe suisse Sika, spécialisé dans la chimie de spécialité, qui y possède 33 usines ainsi que quatre de ses neuf centres mondiaux de R&D. Selon Zhang Yejiong, président de Sika Chine, le groupe renforce ses capacités locales de recherche et développement (R&D) tout en intégrant des exigences bas-carbone dans le développement de ses produits.
Les composants chinois attirent également les chercheurs européens. Juha Röning, professeur à l'université d'Oulu, en Finlande, et vice-président chargé de la recherche au sein d'euRobotics, a souligné que la disponibilité de capteurs, de moteurs et d'engrenages fabriqués en Chine permet aux chercheurs de se concentrer sur le développement de nouvelles applications, plutôt que de devoir concevoir chaque composant eux-mêmes.
Pour les fabricants d'équipements, vendre en Europe ne se limite plus, de plus en plus, à la simple expédition de machines.
Deng Shihai, directeur général adjoint de CRP Robot, a précisé que l'entreprise collabore avec des partenaires locaux en Europe afin d'améliorer le support technique et le service après-vente. Luigi Gambardella, président de l'association numérique internationale ChinaEU, a quant à lui ajouté que l'introduction de robots chinois dans les usines européennes pourrait également générer des opportunités d'affaires pour les ingénieurs, les développeurs de logiciels et les prestataires de services locaux.
Parallèlement, les producteurs européens cherchent à saisir des opportunités sur le marché de la consommation chinois.
Hervé Grangeon, fondateur de la distillerie française Ergaster, s'est rendu à Chengdu à la recherche de distributeurs pour son gin et son whisky, tandis que Garcia Lizana, producteur de jambon espagnol, prépare actuellement les documents nécessaires pour pénétrer le marché chinois.
Toutefois, estime M. Zhang, les petites entreprises européennes peinent souvent à trouver des partenaires locaux et à appréhender les exigences liées à l'accès au marché. Il a suggéré que les autorités locales et les associations professionnelles pourraient les aider à identifier des opportunités, en leur fournissant des conseils sur les politiques en vigueur et en les mettant en relation avec des partenaires chinois potentiels.
Parmi les technologies présentées figurait un système chinois d'économie d'énergie pour ascenseurs, qui a suscité l'intérêt de M. Kumpfert. Ayant consacré une grande partie de sa carrière à introduire des technologies européennes en Chine, ce dernier envisage désormais d'explorer une coopération avec le concepteur chinois de ce système.


