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Pour un professeur d'économie américain, la nouvelle politique tarifaire des États-Unis est « destructrice » pour le monde et eux-mêmes
Selon Jeffrey Sachs, professeur d'économie de renommée mondiale et directeur du Centre pour le développement durable de l'Université Columbia, la dernière politique tarifaire de Washington est « destructrice pour les États-Unis et perturbatrice pour le monde entier ».
Il a fait ces remarques après que le président américain Donald Trump a signé le 2 avril un décret exécutif sur de soi-disant « droits de douane réciproques », imposant des « droits de base minimum » de 10% et des taux plus élevés sur certains partenaires commerciaux, notamment la Chine. Selon le décret, toutes les importations seront soumises à des droits supplémentaires de 10%, sauf indication contraire, et cela à compter du 5 avril.
Photo aérienne prise par un drone montrant des véhicules destinés à l'exportation dans le port de Yantai, dans la province du Shandong (est de la Chine), le 2 janvier 2025. (Photo / Xinhua)
Dans un entretien accordé au China Daily, Jeffrey Sachs a affirmé que « le protectionnisme échouera et isolera de plus en plus les États-Unis dans l'économie et la politique mondiales. Il y a peu de pays qui accepteront l'approche de Trump, même en Europe ».
Il estime que, alors que les États-Unis s'enfoncent dans le protectionnisme, le monde doit être très ouvert les uns avec les autres. Par exemple, si l'Europe exporte moins vers les États-Unis, elle peut exporter davantage vers la Chine et la Chine peut exporter davantage vers l'Europe. Il est possible pour le commerce de se développer entre les pays, ce qui fera finalement des États-Unis les perdants du protectionnisme.
Jeffrey Sachs a ajouté que les droits supplémentaires feront sûrement baisser le niveau de vie des États-Unis, en partie à travers des prix plus élevés et des revenus qui stagnent.
« De nombreux politiciens américains considèrent la Chine comme une menace. Mais la Chine n'est pas une menace. C'est juste un pays qui a bien réussi. Nous n'avons pas à avoir peur. Nous devrions célébrer le succès de la Chine parce que le succès de la Chine est bon pour les États-Unis », a-t-il affirmé.