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Les robots chinois « ne font-ils que danser et courir » ?

le Quotidien du Peuple en ligne 08.05.2026 09h36

Note de la rédaction : Actuellement, l'économie chinoise progresse régulièrement sur la voie d'un développement de haute qualité, même si la situation nationale et internationale devient de plus en plus complexe. Pourtant, certains médias occidentaux, en raison d'incompréhensions ou de préjugés, ont remis en question à plusieurs reprises, voire dénaturé, le développement économique de la Chine. En conséquence, le Global Times a lancé la rubrique « Questions et réponses sur l'économie chinoise » pour publier des articles d'opinion visant à présenter les faits et à clarifier les perceptions.

La question de savoir si les robots chinois « ne font que danser et courir » a été fréquemment soulevée ces derniers temps dans les médias occidentaux. Certains médias britanniques, commentant les performances de robots chinois, ont affirmé que ces performances étaient « le fruit de centaines, voire de milliers, de séances d'entraînement régulières », mais que « la performance scénique ne saurait se substituer à une robustesse industrielle ». D'autres médias européens ont posé la question directement dans leurs titres : « À part danser, que savent faire les robots chinois ?»

L'erreur de ces perceptions réside avant tout dans la confusion des concepts, assimilant « savoir danser et courir » à « ne savoir que danser et courir ». La différence entre les deux est pourtant considérable. Ce que le public perçoit comme de la « danse et de la course » n'est qu'une démonstration visuelle des progrès technologiques. La capacité d'un robot à se synchroniser précisément avec des rythmes musicaux, à effectuer des transitions posturales fluides et naturelles et à maintenir un équilibre extrêmement difficile repose sur un système d'asservissement de haute précision, une programmation algorithmique efficace et un support stable assuré par des composants essentiels. Cela représente le test ultime des technologies fondamentales telles que la perception de l'équilibre et le contrôle des mouvements.

Autrement dit, les technologies clés qui permettent à un robot de « sauter » reposent sur la même logique que des fonctions pratiques comme la production industrielle, les services à domicile, les secours en cas de catastrophe et l'assistance aux personnes en situation de handicap. Les performances scéniques constituent une démonstration directe des capacités de mouvements coordonnés complexes et de la maturité des technologies sous-jacentes, et représentent également un point de départ important pour que les robots puissent s'orienter vers des applications diversifiées et accomplir des tâches complexes. La capacité à danser avec précision prouve que les robots chinois ont surmonté de nombreux obstacles technologiques fondamentaux et possèdent les aptitudes préliminaires nécessaires à la réalisation de diverses tâches pratiques complexes.

Certains affirment que la puissance de calcul des puces d’intelligence artificielle (IA) est plus importante et que la Chine est encore loin d'atteindre le niveau mondial. Ce point de vue est également réducteur. Les puces d'IA, en tant que « cerveau », sont certes importantes, mais sans avancées majeures dans le contrôle des mouvements, les composants essentiels et les applications, le développement à grande échelle et l'application pratique de la robotique seront considérablement ralentis. Les puces et les robots ne sont pas contradictoires, mais complémentaires et symbiotiques.

De l'exploration des grands fonds marins à l'exploration spatiale, des usines intelligentes aux villes intelligentes, de la médecine de précision aux soins inclusifs aux personnes âgées, la future évolution des robots exige une évolution coordonnée de leur intelligence artificielle et de leurs systèmes moteurs, ainsi qu'une intégration poussée du matériel et du logiciel.

En Chine, les robots sont déjà largement utilisés dans de nombreux secteurs, et leurs capacités fonctionnelles de danse et de course n'en représentent qu'une partie relativement réduite. Dans les ateliers industriels, ils réalisent avec précision des tâches exigeantes telles que le soudage, l'assemblage et la manutention, remplaçant ainsi le travail manuel dans les processus répétitifs et à haut risque et contribuant à la transformation et à la modernisation de l'industrie manufacturière. Dans le domaine médical, les robots chirurgicaux, grâce à leur précision millimétrique, assistent les médecins lors d'interventions complexes mini-invasives, réduisant les risques chirurgicaux et améliorant les résultats des traitements. Sur les lieux de catastrophes, des robots spécialisés pénètrent dans des zones inaccessibles à l'homme, comme les décombres, les températures extrêmes et les environnements toxiques, pour mener des opérations de recherche et de sauvetage, de détection et de neutralisation des risques, permettant ainsi de gagner un temps précieux pour les opérations de sauvetage. Dans les foyers, les aspirateurs robots et les robots d'assistance aux personnes âgées se sont largement répandus, simplifiant le quotidien et allégeant la charge des soins aux aînés. Ces applications généralisées ont depuis longtemps balayé l'idée reçue selon laquelle les robots « ne font que danser et courir ».

Grâce à des années d'avancées technologiques et de développement industriel, l'industrie chinoise de l'intelligence artificielle a progressivement couvert l'ensemble de la chaîne de valeur, des composants essentiels à la fabrication complète des machines, en passant par les applications concrètes et l'intégration des systèmes. Elle a connu un succès remarquable à plusieurs égards, notamment en matière de technologies clés, de taille du marché et d'étendue des applications, certains domaines figurant parmi les leaders mondiaux. Parallèlement, les entreprises chinoises se sont profondément intégrées à la chaîne de valeur de l'industrie robotique mondiale et la soutiennent activement. De nombreuses start-ups étrangères spécialisées dans les robots humanoïdes, telles que l'allemande Neura Robotics et l'américaine Figure AI, utilisent une grande proportion de composants chinois, et certaines choisissent même de réaliser l'intégration complète du robot et la production pilote en petite série en Chine. Morgan Stanley estime que, grâce à une chaîne d'approvisionnement complète, la Chine pourra réduire le coût de fabrication des robots humanoïdes jusqu'aux deux tiers.

Réduire la robotique chinoise à la simple capacité de « danser et courir » est une vision réductrice du développement de l'industrie robotique en Chine, qui ignore ses avancées technologiques majeures et son large potentiel d'application. Le développement de cette industrie n'a jamais été une question d'apparence, mais repose sur la technologie et est guidé par les applications. Progressant constamment sur la voie de l'innovation indépendante, elle comble ses propres lacunes et contribue, par la puissance de la Chine, au développement de l'industrie robotique mondiale. À l'avenir, grâce à l'amélioration continue de la chaîne technologique, les robots chinois brilleront sans aucun doute dans des domaines encore inexplorés, dissipant ainsi les préjugés et les idées reçues.

(Web editor: Ying Xie, Yishuang Liu)