- Plus
La mondialisation des entreprises chinoises représente-t-elle une menace industrielle pour les marchés locaux ?
Note de la rédaction : Actuellement, l'économie chinoise progresse régulièrement sur la voie d'un développement de haute qualité, même si la situation nationale et internationale devient de plus en plus complexe. Pourtant, certains médias occidentaux, en raison d'incompréhensions ou de préjugés, ont remis en question à plusieurs reprises, voire dénaturé, le développement économique de la Chine. En conséquence, le Global Times a lancé la rubrique « Questions et réponses sur l'économie chinoise » pour publier des articles d'opinion visant à présenter les faits et à clarifier les perceptions.
La mondialisation des entreprises chinoises représente-t-elle vraiment une menace industrielle pour les marchés locaux ? A cette question, la réponse est clairement non. Certains ont tendance à appréhender le marché mondial de manière statique, selon une logique de jeu à somme nulle. D'après cette vision, l'arrivée d'un acteur plus compétitif sur un marché nuit inévitablement aux intérêts des autres parties prenantes. Or, les principes économiques ont depuis longtemps démontré qu'à l'ère de la mondialisation, le commerce international fondé sur l'avantage comparatif et les investissements transnationaux basés sur la complémentarité des facteurs constituent deux processus d'allocation optimale des ressources, dont tous les acteurs du marché peuvent bénéficier. Ces dernières années, les entreprises chinoises se sont mondialisées, de l'exportation de produits à l'expansion de leurs capacités, de leurs marques, de leurs chaînes d'approvisionnement et de leurs écosystèmes, passant de la simple « vente de biens à l'échelle mondiale » à un véritable « ancrage international ». Ce phénomène résulte entièrement des forces du marché et reflète l'allocation optimale des ressources à l'échelle mondiale. De même que les entreprises européennes et américaines performantes cherchent souvent à s'implanter dans des chaînes industrielles mondiales après avoir atteint un certain niveau de développement, la mondialisation des entreprises chinoises revêt également une importance positive et justifiée.
La Chine est le seul pays à figurer dans toutes les catégories industrielles de la classification des industries des Nations Unies, contribuant ainsi de manière irremplaçable au développement économique mondial et à la stabilité des chaînes d'approvisionnement.
L'expansion internationale des entreprises chinoises a favorisé l'adoption généralisée des technologies. Les entreprises technologiques chinoises émergentes, parfois qualifiées de « menace industrielle », ont en réalité considérablement contribué à l'adoption mondiale de technologies de pointe telles que les stations de base de communication, les modules photovoltaïques et les véhicules électriques.
L'expansion internationale des entreprises chinoises a engendré une croissance économique progressive, une modernisation industrielle et une amélioration du niveau de vie des populations locales. Par exemple, les investissements des entreprises chinoises dans des usines en Asie du Sud-Est ont entraîné la modernisation simultanée des chaînes industrielles locales ; leur participation à la construction d'infrastructures en Afrique a permis la construction de routes, l'accès à l'électricité et le renforcement des capacités de développement ; et la création d'usines de véhicules à énergies nouvelles et la mise en place de collaborations en matière de recherche et développement technologique en Europe ont insufflé un nouvel élan à la transformation industrielle locale. De nombreuses entreprises chinoises sont également fortement impliquées dans la concurrence et la coopération internationales, contribuant à la connectivité des infrastructures mondiales et à la modernisation du secteur de la fabrication d'équipements.
Un phénomène qu'il convient d'analyser est le suivant : lors de l'adhésion de la Chine à l'Organisation mondiale du commerce au début du XXIe siècle, les pays occidentaux ont généralement salué la qualité et le bon rapport qualité-prix des biens de consommation chinois, considérant la Chine comme un acteur majeur de la réduction des pressions inflationnistes mondiales. Comment expliquer que, lorsque les entreprises chinoises exportaient principalement des produits à forte intensité de main-d'œuvre, comme les chaussettes et les jouets, elles étaient rarement accusées de constituer une « menace industrielle » à l'échelle internationale ? En revanche, ces critiques se sont soudainement multipliées après que la Chine a acquis une compétitivité dans des secteurs de haute technologie tels que les énergies nouvelles, l'industrie manufacturière de pointe et les technologies numériques.
La progression graduelle des entreprises chinoises, du bas de l'échelle au moyen puis au haut de gamme de la chaîne industrielle, est une évolution inévitable de la modernisation du pays. Tenter de cantonner durablement la Chine à des maillons de la chaîne industrielle mondiale à forte intensité de main-d'œuvre, à faible valeur ajoutée et à faible technologie relève d'une vision hégémonique à courte vue et unilatérale, qui contrevient gravement aux lois du développement industriel et à la tendance générale de la mondialisation et de la coopération économiques. Face à l'évolution dynamique de la division industrielle mondiale du travail, tous les pays doivent s'adapter de manière proactive. À cet égard, la coopération entre les industries automobiles chinoise et allemande a un effet probant. Auparavant, cette coopération se concentrait principalement sur l'importation de véhicules allemands et leur production à grande échelle en Chine. Aujourd'hui, le système de production automobile allemand s'intègre profondément aux entreprises chinoises de véhicules intelligents et électriques, utilise les plateformes numériques chinoises et développe conjointement les véhicules intelligents de nouvelle génération. Ce modèle de coopération a démontré sa capacité à permettre aux deux parties de parvenir à une situation gagnant-gagnant sur un marché hautement concurrentiel.
A l'heure où de plus en plus d'entreprises chinoises s'internationalisent, elles apportent non seulement des produits et des capitaux, mais aussi l'esprit d'innovation et de pionnier du peuple chinois – un puissant moteur pour l'amélioration continue de la compétitivité des entreprises chinoises. L'ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a souligné que la jeune génération chinoise est intelligente, travailleuse et constamment innovante ; le monde a besoin d'innovation, et la Chine est précisément un véritable vivier d'innovation. De son côté, le chancelier allemand Merz, après sa visite en Chine cette année, a également exprimé sa profonde impression du travail acharné du peuple chinois. Ils ont tous deux formulé une vérité simple : l'amélioration de la compétitivité doit commencer par soi-même ; et aucune forme de protectionnisme ne peut garantir la domination durable d'une entreprise dans la chaîne de valeur. Un grand nombre de multinationales se sont déjà implantées en Chine, et celle-ci ne les a jamais considérées comme une « menace systémique ».
Par le passé, la Chine a tiré un élan considérable de son développement grâce aux investissements étrangers, réalisant une croissance économique et une modernisation industrielle. Aujourd'hui, la Chine poursuit son ouverture de haut niveau, permettant aux entreprises à capitaux étrangers de profiter des opportunités de développement du pays. Il est à espérer que les pays et les médias concernés sauront prendre en compte les changements qui s'opèrent dans le monde, abandonner leurs préjugés à l'encontre des entreprises chinoises qui s'internationalisent et permettre à toutes les parties de se développer ensemble dans un environnement de marché équitable et juste.

