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Malgré les tensions entre la Chine et l'Union européenne, le commerce apporte une fraîcheur bienvenue à l'Europe accablée par la canicule

Tobias Strobel, responsable de l'innovation technique pour la climatisation résidentielle au centre de R&D allemand de Midea, présente l'installation du climatiseur split mobile PortaSplit de Midea à Stuttgart, en Allemagne, le 30 juin 2026. (Xinhua/Zhang Haofu)
Alors que l'Europe étouffe sous de fortes vagues de chaleur, les climatiseurs fabriqués en Chine s'envolent littéralement des étagères, apportant aux consommateurs un soulagement bienvenu et très attendu.
À l'heure où les frictions commerciales entre la Chine et l'Union européenne (UE) s'intensifient, la hausse des températures et la popularité croissante des produits chinois nous rappellent à point nommé qu'il est dans l'intérêt des deux parties d'apaiser efficacement les tensions commerciales entre les deux parties et de gérer les différends par le dialogue.
Alors que les négociations entre la Chine et l'UE se poursuivent, le bloc a de plus en plus recours à des mesures protectionnistes telles que des droits de douane plus élevés et des quotas d'importation sous prétexte de « rééquilibrage », au lieu de s'attaquer à ses propres problèmes économiques structurels.
Les préoccupations de l'Europe concernant les déséquilibres commerciaux avec la Chine sont souvent exprimées en chiffres saisissants. Mais les chiffres du commerce ne peuvent à eux seuls expliquer le tableau complet d'une relation économique profondément intégrée et mutuellement bénéfique.
Une part considérable du commerce sino-européen est générée par des entreprises européennes opérant en Chine. Même si les produits fabriqués par ces entreprises sont enregistrés comme exportations chinoises, une grande partie des bénéfices, des dividendes technologiques et de la valeur actionnariale revient en fin de compte aux entreprises européennes. Dans le même temps, près de la moitié des exportations chinoises vers l'Europe sont constituées de biens intermédiaires, indispensables à l'industrie manufacturière européenne. Ces intrants aident les entreprises européennes à réduire leurs coûts de production, à améliorer leur efficacité et à maintenir leur compétitivité sur les marchés mondiaux.
Les produits chinois jouent également un rôle stabilisateur dans l'économie européenne. Ces dernières années, les importations abordables ont contribué à atténuer les pressions inflationnistes tandis que les intrants de la chaîne d'approvisionnement en provenance de Chine ont soutenu la production industrielle dans un contexte d'incertitude mondiale croissante.
Plus important encore, le défi de la compétitivité de l'Europe trouve principalement son origine dans les problèmes structurels au sein du bloc. Par exemple, la Banque centrale européenne a estimé que les barrières internes à l'UE équivalent à des droits de douane d'environ 44 % sur les biens et de 110 % sur les services. Ces contraintes structurelles de longue date ne peuvent être résolues par des droits de douane ou d'autres mesures restrictives ciblant les produits chinois.
La restriction des importations peut modifier la composition des flux commerciaux, mais elle ne peut pas réduire les prix de l'énergie, améliorer les marchés des capitaux ou renforcer la productivité. Dans certains cas, cela risque d'augmenter les coûts pour les fabricants et les consommateurs tout en affaiblissant l'efficacité industrielle.
La Chine et l'Europe entretiennent depuis longtemps des mécanismes de dialogue structurés pour gérer les différences économiques. Ces plateformes ont été conçues précisément pour répondre à des questions telles que l'accès au marché, les conditions d'investissement et les préoccupations spécifiques au secteur. Les deux parties doivent travailler dans la même direction pour traduire ces plateformes en résultats pratiques.
La Chine a continué à prendre des mesures concrètes en réponse aux préoccupations européennes, notamment en augmentant les importations en provenance de l'UE, en élargissant l'accès aux produits agricoles européens et en renforçant la réglementation et la surveillance des exportations dans les domaines sensibles.
La Chine a toujours préconisé le dialogue et la consultation comme moyen le plus efficace de gérer les différends. Une relation économique plus équilibrée entre la Chine et l'UE doit être recherchée en approfondissant la coopération et en élargissant les avantages mutuels, plutôt que de politiser les questions économiques ou de recourir au protectionnisme.
Pour l'Europe, la tâche la plus fondamentale est de savoir comment renforcer ses propres capacités d'innovation et soutenir la croissance dans une économie mondiale plus compétitive. Considérer les questions commerciales comme une question de sécurité économique peut offrir un opportunisme politique à court terme, mais cela ne répond pas aux défis structurels auxquels sont confrontées les économies européennes et ne fera que perturber les chaînes d'approvisionnement mondiales.
L'histoire a prouvé à maintes reprises que la compétitivité ne se renforce pas par l'isolement, mais par l'engagement, l'innovation et l'ouverture. Pour la Chine comme pour l'Europe, l'élargissement d'une coopération mutuellement bénéfique reste la voie la plus fiable vers un partenariat économique plus stable, équilibré et durable.

