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En Europe, la raison l'emporte : la Chine qui apporte un peu de fraîcheur est un partenaire

le Quotidien du Peuple en ligne 27.07.2026 15h47

L'été caniculaire que connaît l'Europe cette année a fait naître une nouvelle tendance touristique. Des vagues de chaleur écrasantes, atteignant 40 °C, frappent les côtes méditerranéennes, poussant les Européens en quête de fraîcheur à se diriger vers le nord, comme par exemple vers Oslo et Dublin. Toutefois, certains voyageurs avisés ont fait l'impasse sur ces destinations nordiques coûteuses. Ils optent pour des vacances au frais plus abordables à l'autre bout du monde : en Chine.

Il s'agit d'une « rébellion » silencieuse et citoyenne contre l'absurdité politique de Bruxelles et sa politique de plus en plus restrictive à l'égard de la Chine. Alors que certains responsables politiques européens multiplient les déclarations fracassantes sur les « surcapacités » chinoises, les « déséquilibres commerciaux », la « manipulation monétaire » ou les « subventions », tout en brandissant la menace de droits de douane, les citoyens européens, eux, votent avec leur passeport. Ils affluent vers les refuges montagneux chinois où la température avoisine les 22 °C, profitent d'une « liberté de climatisation » qui reste un luxe dans une grande partie de l'Europe et découvrent un pays bien plus accueillant que ne le laisse entendre une certaine rhétorique politique occidentale.

Les chiffres sont éloquents. Cet été, les voyageurs européens représentent 30 % des 20 principales sources de tourisme entrant en Chine, avec une augmentation des réservations de 275 % d'une année sur l'autre sur certaines plateformes. Les visiteurs français, britanniques et allemands sont en tête de ce mouvement, avec un bond de 150 % des réservations par rapport à la même période de l'an dernier.

Cet engouement touristique met en lumière deux atouts méconnus de la Chine : ses richesses géographiques et sa maîtrise des infrastructures. Des sommets brumeux de Zhangjiajie, dans la province du Hunan (centre de la Chine), où il fait 22 °C, aux sanctuaires forestiers du mont Changbai, dans la province du Jilin (nord-est de la Chine), en passant par le climat printanier permanent de Kunming, la capitale de la province du Yunnan (sud-ouest de la Chine), la Chine offre une multitude d'échappatoires estivales. Ce confort repose sur une infrastructure énergétique colossale : une consommation annuelle d'électricité de 10 000 milliards de kilowattheures, une capacité de production de 3,89 milliards de kilowatts — dont 60 % proviennent d'énergies renouvelables — et un réseau à très haute tension garantissant un approvisionnement stable dans tout le pays, même en cas de conditions météorologiques extrêmes.

L'ironie veut que, tandis que les touristes européens viennent en Chine, certains de leurs responsables politiques s'emploient à imposer des sanctions en invoquant la « menace chinoise ». Plus tôt cette année, un conseiller français a proposé d'appliquer des droits de douane de 30 % sur toutes les importations chinoises, alors même qu'une telle mesure renchérirait le prix de ces produits qui permettent précisément aux Européens de se protéger de la chaleur accablante de l'été. Un climatiseur portable chinois, vendu initialement 900 euros (1 024 dollars), se revend aujourd'hui plus de 2 600 euros — et même à ce prix là, on continue de se l'arracher.

Le véritable paradoxe réside dans le décalage entre les positions politiques et l'opinion publique européenne concernant la Chine. Un récent sondage du Pew Research Center révèle que, sur 36 pays interrogés, 25 ont une opinion plus favorable de la Chine que des États-Unis — une première historique. À l'échelle mondiale, la Chine est perçue comme une grande puissance moins interventionniste, et son image s'améliore constamment dans les principaux pays européens tels que l'Italie, les Pays-Bas, l'Espagne, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. Alors même que certains responsables politiques de l'UE attisent les tensions commerciales, les citoyens européens, eux, reconnaissent la fiabilité de la Chine et les avantages concrets qu'elle offre en matière de qualité de vie. Selon l'Institut de Kiel pour l'économie mondiale, en Allemagne, seule une fraction (un tiers) de la perte de parts de marché allemandes est imputable aux exportations chinoises ; le reste découle d'une incompétence interne. En Europe, les prix de l'énergie sont deux à trois fois plus élevés qu'aux États-Unis et la réglementation est pesante. Pourtant, il est plus facile de blâmer Beijing que de remédier aux problèmes de Berlin.

C'est une farce politique dans toute sa splendeur : des responsables politiques déconnectés de la réalité prônent la « rivalité » tandis que leurs concitoyens privilégient le partenariat. La crise de la chaleur en Europe a mis en lumière ses faiblesses structurelles, qu'il s'agisse de systèmes énergétiques fragiles ou d'une paralysie politique paralysante. Le protectionnisme a beau ériger des barrières, il ne fera pas baisser les températures. On peut taxer un produit, mais pas une brise rafraîchissante.

Il est crucial de noter que cet intérêt croissant pour la Chine n'est pas un simple effet de mode. Grâce à la politique d'exemption de visa étendue à des dizaines de pays européens, près de huit visiteurs étrangers sur dix entrent désormais sans visa. Par ailleurs, les procédures de remboursement des taxes au départ sont en cours d'amélioration.

Dès lors, une coopération empreinte de lucidité devrait l'emporter sur une « rivalité » artificielle. Pour les responsables politiques européens adeptes du dénigrement systématique de la Chine, cet été offre une leçon d'une simplicité rafraîchissante : cessez de pointer la Chine du doigt et commencez à dialoguer avec elle dans un esprit pragmatique.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)