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L'Union européenne devrait reconnaître la « fenêtre d'opportunité » dans les relations économiques et commerciales sino-européennes

le Quotidien du Peuple en ligne 24.09.2026 10h09

Alors que la Chine et l'Union européenne mènent des consultations et des négociations intensives sur leurs liens économiques et commerciaux, des voix divergentes se font entendre au sein de l'Europe. Le 16 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré lors de son discours sur l'état de l'Union que le déficit commercial du bloc avec la Chine avait « atteint un point critique » et a promis d'utiliser « tous les moyens disponibles pour rééquilibrer » la relation économique. À l'inverse, le 18 septembre, Carlos Cuerpo, le ministre espagnol de l'Économie, du Commerce et des Entreprises, a appelé à un dialogue franc entre l'Union européenne et la Chine, soulignant qu'une « fenêtre d'opportunité » existe encore et qu'il convient de la saisir. Il est clair que les voix rationnelles en Europe ne souscrivent pas à la ligne dure adoptée par Bruxelles concernant les négociations commerciales avec la Chine.

Les propos de M. Cuerpo ne sont pas un cas isolé. Concernant l'intention de l'Union européenne d'étendre aux véhicules hybrides les mesures de protection visant les véhicules à énergies nouvelles (NEV) fabriqués en Chine, Ferdinand Dudenhöffer, directeur du Center Automotive Research (CAR) en Allemagne, a déclaré le 15 septembre que si le gouvernement allemand suivait l'exemple de Bruxelles pour protéger sa propre industrie automobile, cela ne reviendrait qu'à une « version miniature » de la guerre commerciale lancée par les États-Unis. Parallèlement, Stefan Reindl, directeur de l'Institut pour l'économie automobile (IFA) en Allemagne, a souligné que la Commission européenne ne devait pas ignorer délibérément les avantages structurels de l'industrie automobile chinoise, arguant que les barrières douanières causeraient plus de tort que de bien à l'Europe.

Il n'y a pas de vainqueur dans une guerre commerciale. Provoquer des différends commerciaux fondés sur une logique intenable est, en soi, un acte hautement irrationnel ; ce constat devrait servir d'avertissement sérieux aux décideurs européens de Bruxelles déterminés à adopter une ligne dure à l'égard de la Chine. Les chaînes industrielles de la Chine et de l'Union européenne sont profondément imbriquées ; l'Europe enregistre systématiquement un excédent dans les échanges de services avec la Chine et y maintient des investissements substantiels, tandis que les importations chinoises, qui offrent une bonne qualité à des prix compétitifs, aident l'Europe à freiner l'inflation et profitent à la population. En outre, les atouts de la Chine en matière de technologies et de chaînes industrielles dans le secteur des énergies nouvelles peuvent faciliter la transition énergétique de l'Europe. Ces avantages mutuels ne doivent pas être sacrifiés au nom d'un différend commercial initié par l'Union européenne.

L'Europe est actuellement confrontée à une situation complexe et à un sentiment d'inquiétude quant à la perception qu'elle a de la conjoncture. Elle subit une pression croissante et fait face à une convergence de crises : sur le plan extérieur, elle est profondément impliquée dans des affrontements idéologiques entre les États-Unis et l'Europe, des luttes pour le pouvoir de définir les règles internationales et des conflits géopolitiques ; sur le plan intérieur, elle est aux prises avec une fragmentation sociale et une opinion publique polarisée, tout en risquant de prendre du retard dans la transformation technologique mondiale. Les résultats électoraux de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale démontrent que ces crises de perception engendrent une incertitude systémique, laquelle finit inévitablement par se répercuter sur les sphères économique et commerciale. Dès lors, la voie pragmatique pour résoudre les différends commerciaux entre la Chine et l'Europe consiste à abandonner toute logique de confrontation, à renouer avec une concertation rationnelle, à respecter scrupuleusement les règles du commerce international en vigueur, à privilégier la résolution des problèmes et à prendre en compte les intérêts de chacune des parties.

À l'échelle microéconomique, la Chine et l'Europe peuvent mener des consultations ciblées sur des questions litigieuses, telles que les véhicules à énergies nouvelles, les matières premières critiques, les déséquilibres commerciaux et le commerce électronique transfrontalier, afin d'élaborer des solutions concrètes et opérationnelles et de résoudre rapidement les désaccords commerciaux immédiats. À l'échelle macroéconomique, l'Europe devrait dépasser le cadre des différends ponctuels pour envisager les questions commerciales spécifiques au sein d'un cadre plus large englobant l'accès au marché, les règles d'investissement et le système économique et commercial bilatéral. En s'appuyant sur la résolution des questions bilatérales, les deux parties peuvent définir des normes de coopération susceptibles de servir de modèles pour la région et pour le monde entier.

Il est manifestement plus avantageux d'accroître ensemble la richesse économique que de susciter unilatéralement des tensions. La Chine et l'Europe sont déjà parvenues à un consensus significatif sur des questions structurelles — tant mondiales que bilatérales —, laissant une large place au renforcement et à l'approfondissement de leur coopération. Même dans le secteur des véhicules à énergies nouvelles, un domaine particulièrement sensible pour l'Europe, de nombreux constructeurs automobiles européens de premier plan ont clairement reconnu que s'inspirer de la technologie et de l'expérience chinoises, tout en approfondissant la coopération avec la Chine, est essentiel à leur propre transformation industrielle ; ils considèrent la concurrence directe avec les entreprises chinoises comme un « banc d'essai » pour pénétrer le marché mondial. Les voix raisonnables en Europe perçoivent la « fenêtre d'opportunité » qui s'offre aux relations économiques et commerciales sino-européennes ; elles devraient donc tirer parti des besoins communs en associant les consultations commerciales à une coopération structurelle à long terme, ouvrant ainsi la voie à une ouverture réciproque et à des avantages mutuels, tout en assurant un développement stable, durable et de haute qualité des liens économiques et commerciaux entre la Chine et l'Europe.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)