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Carnet de voyage Jour 3 : Shenzhen, un pas de plus que les autres

le Quotidien du Peuple en ligne 22.10.2026 09h48

Me voici déjà au milieu de mon voyage. Aujourd'hui, je me réveille plein d'énergie même si mes jambes ressentent encore la fatigue de la veille, hâte de voir ce que la journée me réserve. J'ai longtemps attendu ce programme ; il est temps d'aller voir ce qui fait la renommée de Shenzhen : ses avancées technologiques.

Je me dirige donc vers le district de Longgang avec une certaine curiosité, mais aussi un brin de scepticisme. J'avais peur de me retrouver face à un défilé de gadgets high-tech, un étalage de bling-bling et de technologies superflues qui ne servirait que de divertissement pour faire le show. Mais en arrivant sur l'avenue de la robotique de Longgang, ma perception a changé. Situé dans le parc d'activités Galaxy WORLD, dans le sous-district de Bantian, district de Longgang, ce projet vise à créer le premier quartier expérimental consacré aux robots intelligents incarnés, servant à la fois de vitrine et de plateforme de démonstration.

D'une superficie d'environ 1 200 m², cette artère est un concentré de ce que la Chine produit de plus avancé. Dans ces halls d'exposition, on peut voir des machines pour nettoyer les rues, d'autres pour livrer des repas dans les quartiers, ou encore des bras articulés conçus pour l'industrie de pointe. En flânant dans les allées, en voyant des visiteurs ordinaires interagir avec ces automates comme s'ils faisaient partie du décor, je prends pleinement conscience de l'avance technologique du pays. Ce n'est pas une course à l'armement ; c'est une technologie pensée pour l'humain, pour faciliter le quotidien.

C'est dans l'un des halls d'exposition de cette avenue de quelques centaines de mètres que je fais une découverte : une salle de classe du futur. Ici, pas de poussière, pas de bruit. Le traditionnel tableau noir a été remplacé par un immense écran interactif. Fini la craie et ses nuages de poussière blanche qui irritent les poumons et causent des maladies respiratoires chez les enseignants. Mieux encore, l'écran numérique retient tout ce qui a été écrit. Les élèves ne sont pas en reste, finis les lourds cartables, finis les cahiers parfois de mauvaises qualités qui ne supportent même pas le premier trimestre. Chaque élève dispose d'une tablette avec une intelligence artificielle intégrée. Les cours y sont déjà enregistrés. L'enfant peut demander à l'IA de lui réexpliquer une leçon, de lui raconter un livre, ou de l'aider à réviser. La salle elle-même est intelligente : un panneau de contrôle optimise la lumière, ferme les volets à distance, et un système de sonorisation réduit les bruits parasites pour que la voix du professeur reste claire et nette.

Hall d'exposition dédié à l'éducation par l'IA, dans l'avenue de la robotique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la chine) (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Hall d'exposition dédié à l'éducation par l'IA, dans l'avenue de la robotique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

En me tenant au milieu de cette salle, un souvenir me submerge soudain. Ma mère était institutrice en primaire, elle l'est toujours en ce moment. Je la vois donnant des cours en s'époumonant sur ces élèves, passant une heure à copier les leçons au tableau. Moi-même il y a quelques années, j'ai enseigné à l'Université d'Antananarivo, à Madagascar, en tant que professeur de chinois. Je me souviens très bien de ces journées où j'ai dû donner deux heures de cours dans certaines salles plongées dans la pénombre, avec pour seuls outils un tableau noir usé et deux malheureux bouts de craie blanche. Le métier d'enseignant est parfois ingrat, particulièrement dans les pays en développement où les moyens manquent cruellement. Et pourtant, c'est par eux que passe l'éducation, c'est entre leurs mains que se construit l'avenir d'une nation. Voir cette salle de classe IA me fait réaliser une chose simple : améliorer les conditions de travail des professeurs et le confort d'apprentissage des élèves, c'est cela, construire le futur.

L'après-midi, je prends la direction du parc écologique énergétique de Longgang. À première vue, on pourrait croire à un jardin botanique avec ses pelouses impeccables. Cette merveille d'architecture pourrait laisser à penser que c'est un musée d'art moderne ou un centre culturel. Qui aurait pu deviner que derrière ces murs se trouvait une immense usine de transformation de déchets en énergie. Sa capacité quotidienne de traitement atteint 5 100 tonnes de déchets, pour fournir de l'électricité à plus de 8 000 foyers par mois. Son architecture intègre des éléments inspirés des maisons fortifiées traditionnelles hakka et fait partie des premiers bâtiments industriels chinois à avoir obtenu la certification LEED Or.

Photo de l'intérieur de l'usine de transformation de déchets en énergie du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Photo de l'intérieur de l'usine de transformation de déchets en énergie du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Salle de contrôle de l’usine de transformation de déchets en énergie du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Salle de contrôle de l'usine de transformation de déchets en énergie du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Ici, aucune odeur nauséabonde, aucune fumée noire s'échappant des cheminées. Ce n'est pas un simple incinérateur d'ordures, c'est un véritable chef-d'œuvre d'ingénierie environnementale. Le circuit est entièrement fermé, la technologie de pointe. Mais bien au-delà de tout ceci, la centrale n'est pas seulement un outil industriel ; c'est un musée scientifique ouvert au public. Le parc associe les activités industrielles à des installations éducatives et touristiques. Des familles, des enfants viennent pour apprendre le recyclage et comprendre comment nos déchets peuvent devenir une ressource.

Bibliothèque ouverte au public de l’usine de transformation de déchets en énergie du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Bibliothèque ouverte au public de l'usine de transformation de déchets en énergie du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Un responsable du site m'a confié : « Plus le niveau et la qualité de vie de la population augmentent, plus nous produisons de déchets. » C'est une évidence, mais entendue ici, au cœur de ce parc, elle prend un sens différent. Je repense à mon petit-déjeuner. La peau de banane que j'ai jetée ce matin aura peut-être servi à produire l'électricité qui alimentera la lampe de ma chambre ce soir. Cette boucle, c'est tout un symbole. Shenzhen prouve ici qu'elle ne se contente pas de créer notre demain, elle tire profit de notre hier.

Aujourd'hui, j'ai appris une grande leçon : le futur n'est pas la course au progrès technologique. C'est s'assurer que ce futur soit tout simplement meilleur.

Maquette du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

Maquette du parc écologique énergétique de Longgang, à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine). (RAKOTONIRINA ZO LALAINA/Le Quotidien du Peuple en ligne)

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)