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Le Venezuela exhorte le Conseil de sécurité de l'ONU à agir après les frappes américaines

Xinhua 06.01.2026 08h37

L'ambassadeur du Venezuela auprès de l'ONU Samuel Moncada a demandé lundi au Conseil de sécurité de prendre des mesures à la suite des frappes américaines menées contre son pays le week-end dernier.

Le Venezuela exhorte le Conseil de sécurité à assumer pleinement ses responsabilités et à agir conformément au mandat que lui confère la Charte des Nations Unies, a déclaré M. Moncada lors d'une réunion d'urgence du Conseil.

"A cet égard, nous lui demandons d'enjoindre le gouvernement des Etats-Unis d'Amérique de respecter pleinement l'immunité du président vénézuélien Nicolas Maduro et de la Première dame Cilia Flores, et d'assurer leur libération immédiate et leur retour en toute sécurité au Venezuela", a indiqué l'ambassadeur.

M. Maduro et son épouse ont été exfiltrés de force du Venezuela et conduits aux Etats-Unis.

M. Moncada a exigé que le recours à la force contre le Venezuela soit condamné clairement et sans équivoque par le Conseil de sécurité, et que le principe de non-acquisition de territoires ou de ressources par la force soit pleinement réaffirmé. Il a également appelé à des mesures visant à une désescalade de la crise, à la protection de la population civile et au rétablissement du droit international.

"Le Venezuela se présente aujourd'hui devant le Conseil avec l'intime conviction que la paix internationale ne peut être maintenue que si le droit international est respecté sans exception, sans doubles standards et sans interprétations sélectives", a déclaré M. Moncada.

L'intervention militaire menée samedi contre le Venezuela constitue une violation flagrante de la Charte des Nations Unies, et en particulier du principe de l'égalité souveraine des Etats, de l'interdiction de recourir à la menace ou à la force contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout Etat, et de l'obligation de régler les différends par des moyens pacifiques, a-t-il ajouté.

L'intervention américaine enfreint également gravement les Conventions et Protocoles de Genève, a déclaré l'ambassadeur.

"Lorsque la force est utilisée pour prendre le contrôle de ressources, imposer des gouvernements ou remodeler des Etats, nous sommes confrontés à une logique qui rappelle les pires pratiques du colonialisme et du néocolonialisme. Ce scénario menace non seulement le Venezuela, mais aussi la paix et la sécurité internationales dans leur ensemble", a-t-il affirmé.

Si enlever un chef d'Etat, bombarder un pays souverain et le menacer ouvertement de nouvelles actions armées sont des pratiques tolérées ou minimisées, le message désastreux envoyé au monde sera que le droit est facultatif et que la force est le véritable arbitre des relations internationales, a averti M. Moncada.

(Web editor: Yishuang Liu)