- Plus
Le gouvernement français échappe à deux motions de censure

(Xinhua/Henri Szwarc)
Le gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, a échappé mercredi à deux motions de censure déposées respectivement par la France insoumise (LFI) et le Rassemblement national (RN).
Fracturée en trois blocs hostiles: la gauche, le camp présidentiel et l'extrême droite, l'Assemblée nationale a examiné dans la journée deux motions de censure. Une majorité absolue, soit 288 voix sur 577, était nécessaire pour faire tomber le gouvernement.
La motion présentée par LFI a recueilli 256 voix, soit 32 de moins que la majorité absolue. Elle a notamment été soutenue par le RN. Celle déposée par le RN n'a pour sa part recueilli que 142 voix. La droite et le Parti socialiste ont choisi de ne s'associer à aucune des deux initiatives.
Ces deux motions de censure visaient à protester contre l'accord de libre-échange entre l'Union européenne (UE) et le Marché commun du Sud (Mercosur), en dépit de l'opposition ferme affichée par le gouvernement français.
Vendredi dernier, les Etats membres de l'UE ont donné leur feu vert à cet accord lors d'un vote à la majorité qualifiée, ouvrant ainsi la voie à sa signature officielle par le bloc au Paraguay, selon des sources européennes. La France, la Pologne, l'Autriche, l'Irlande et la Hongrie ont voté contre, tandis que la Belgique s'est abstenue.
La France craint notamment pour son marché agricole face à une concurrence accrue des produits sud-américains, ce qui a suscité de vives protestations de la part des agriculteurs et des partis politiques. Des députés de gauche comme d'extrême droite ont critiqué le gouvernement pour son incapacité à empêcher l'adoption de l'accord.
Peu avant les votes, Sébastien Lecornu a fustigé sur X ces motions de censure comme des "postures cyniques partisanes".
"La France a une position claire sur le Mercosur : nous voterons contre, sans surprise", a écrit le Premier ministre, accusant ces formations politiques de "choisir délibérément d'afficher des désaccords politiciens internes" et "d'affaiblir la voix de la France". Selon lui, ces motions contribuent également à retarder les discussions budgétaires, déjà paralysées par les mêmes forces politiques dans un contexte d'agenda électoral.

