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Le chef du nucléaire iranien déclare que Téhéran pourrait diluer son uranium enrichi à 60% en cas de levée de toutes les sanctions

Xinhua 10.02.2026 08h39

Le président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (AEOI), Mohammad Eslami, prononce un discours lors de la 67e Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à Vienne, en Autriche, le 25 septembre 2023. (Xinhua/He Canling)

Le président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (AEOI), Mohammad Eslami, prononce un discours lors de la 67e Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), à Vienne, en Autriche, le 25 septembre 2023. (Xinhua/He Canling)

Le chef du nucléaire iranien a déclaré lundi que Téhéran pourrait envisager de diluer son uranium enrichi à 60%, mais uniquement si toutes les sanctions internationales à l'encontre de l'Iran sont entièrement levées, selon l'agence de presse officielle IRNA.

Mohammad Eslami, président de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, a fait cette déclaration en réponse à une question visant à savoir si les Etats-Unis avaient demandé une réduction de l'enrichissement lors des pourparlers indirects qui se sont tenus vendredi à Oman.

"Cette question dépend de la levée ou non de toutes les sanctions en échange", a affirmé M. Eslami. Il a souligné que le transfert de l'uranium enrichi iranien à un autre pays n'était pas dans les projets de Téhéran, ajoutant qu'une telle proposition avait uniquement été énoncée par d'autres parties cherchant à contribuer à la résolution de la question nucléaire. Des pays tels que la Russie et la Turquie ont suggéré de stocker l'uranium hautement enrichi de l'Iran, mais Téhéran a rejeté cette offre.

M. Eslami a appelé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à condamner les attaques israéliennes et américaines contre des sites nucléaires iraniens en juin dernier. Il a souligné que les activités nucléaires de l'Iran s'inscrivaient entièrement dans le cadre du droit international et des accords de garanties.

Les pourparlers d'Oman ont été menés par le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi et l'envoyé spécial du président américain Steve Witkoff, dans un contexte de tensions accrues entre Téhéran et Washington.

Lundi également, le président iranien Massoud Pezeshkian a qualifié les négociations de "très bonne opportunité" de résoudre équitablement la question du nucléaire iranien.

Selon lui, les objectifs de l'Iran comprennent la protection de ses droits au regard du Traité de non-prolifération nucléaire, le maintien de son enrichissement domestique d'uranium, et l'obtention de la levée des sanctions "cruelles". "L'Iran prendra des mesures en faveur du succès du processus diplomatique, et espère que l'autre partie restera engagée sans exigences excessives", a déclaré M. Pezeshkian.

M. Araghchi a fait écho aux propos du président iranien, soulignant le sérieux de l'Iran dans la recherche de résultats concrets. "Nous sommes tout à fait sérieux et recherchons de vraies négociations afin d'obtenir un résultat clair, à condition que l'autre partie fasse preuve du même sérieux", a-t-il indiqué, cité par l'IRNA. Le ministre a ajouté que la diplomatie était la seule voie pour résoudre la question du nucléaire iranien et que Téhéran répondait au respect et non à la coercition.

Reconnaissant la profonde méfiance entre Téhéran et Washington, M. Araghchi a fait savoir avec un optimisme prudent que la confiance pourrait être rétablie. Il a qualifié les pourparlers de vendredi de "bon début", tout en notant que les progrès futurs dépendront des consultations et des décisions prises dans les deux capitales dans un contexte de tensions régionales exacerbées par l'activité militaire américaine.

Dans le cadre de l'accord nucléaire de 2015 ou Plan d'action global commun (PAGC), l'enrichissement d'uranium de l'Iran a été plafonné à 3,67%. Après que les Etats-Unis se sont retirés du PAGC en 2018 et ont lancé leur campagne de "pression maximale", Téhéran a commencé à ne plus respecter cette limite.

Les pays occidentaux avertissent que l'actuel stock d'uranium enrichi à 60% de l'Iran pourrait, s'il était encore enrichi, produire plusieurs têtes nucléaires. L'Iran dément toute intention de fabriquer des armes nucléaires.

(Web editor: Yishuang Liu)