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France : face aux mutations du secteur, le Sommet Lumière mise sur l'action et le multilatéralisme du cinéma et de l'image animée

Xinhua 09.09.2026 09h08

Le Sommet Lumière, coprésidé par le président français Emmanuel Macron et son homologue sud-coréen Lee Jae Myung, s'est tenu lundi à la Fondation Maeght, à Saint-Paul-de-Vence, dans le sud de la France, avec l'ambition de forger des alliances internationales face aux profondes mutations du cinéma et de l'image animée.

Plus de 200 créateurs, chefs d'entreprises et responsables publics représentant une soixantaine de pays, régions et organisations internationales ont participé à l'événement, qualifié par l'Elysée de "premier sommet international consacré à l'avenir du cinéma et de l'image animée".

"Le cinéma et les images animées (...) connaissent des mutations radicales que personne ne peut ignorer", a déclaré M. Macron dans son discours d'ouverture au Sommet. Selon lui, l'intelligence artificielle et la captation de l'attention par les réseaux sociaux annoncent "un véritable changement d'ère".

"Aucun studio, aucune plateforme, aucun artiste, aucun réseau de salles de cinéma, pas même un pays (...) ne peut répondre à ce défi tout seul", a-t-il souligné, appelant ainsi à inventer "un multilatéralisme de l'image qui soutient la créativité".

Après une journée largement organisée autour de sessions à huis clos portant sur quatre parcours thématiques consacrés à la création, au financement, aux publics et aux responsabilités collectives du secteur, le sommet, présenté par la partie française comme "fondé sur l'action", a débouché sur l'annonce d'une série de déclarations et d'initiatives concrètes.

Le sommet a adopté la "Déclaration Lumière", soutenue par plus de 120 signataires, qui pose les fondements de ce nouveau multilatéralisme de l'image en fixant plusieurs principes, notamment l'investissement dans la création et son renouvellement, la défense de la diversité des œuvres, la protection de la propriété intellectuelle et la lutte contre le piratage.

M. Macron a par ailleurs mis en avant quatre initiatives plus concrètes : engager, avec des partenaires, un effort international de sauvegarde du patrimoine cinématographique et audiovisuel, dont seulement 20% serait aujourd'hui sauvegardé ; lancer, à l'initiative de la France, de la République de Corée et du Nigeria, un partenariat mondial pour l'éducation à l'image, en lien notamment avec l'UNESCO ; mettre sur pied l'International Resilience Initiative for Independent Screens (IRIS), destinée à fédérer et soutenir les salles de cinéma indépendantes ; et créer un Festival international du jeu vidéo, conçu comme un grand rendez-vous mondial de la création, de l'innovation, des joueurs et de l'industrie.

La France et la République de Corée ont par ailleurs lancé le "Partenariat Lumière", ouvert à d'autres pays. Paris et Séoul prévoient d'y consacrer ensemble un milliard d'euros sur cinq ans afin de soutenir les filières du cinéma, de l'audiovisuel et de l'image animée ainsi que la souveraineté culturelle.

La concrétisation de ces nombreuses annonces suscite toutefois des interrogations. Le quotidien français Le Monde a notamment relevé que leur mise en œuvre restait encore floue.

Interrogé par Xinhua sur le suivi des programmes annoncés après le sommet, Vincent Florant, secrétaire général du Sommet Lumière, a assuré que certains programmes seraient développés sur une période de 12 à 18 mois, tandis que les thématiques du sommet continueraient d'être approfondies à l'occasion de grands rendez-vous professionnels, notamment le Festival de Cannes, le Festival international du film d'animation d'Annecy et Séries Mania.

"On va travailler les annonces du sommet pendant des mois et sans doute plusieurs années. Sur toute l'année à venir et même au-delà, les thématiques du Sommet Lumière vont permettre d'engager les travaux de toute la filière", a-t-il indiqué.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)