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Un base-jumper français considère le sport comme un pont d'amitié entre la Chine et la France
Au bord du pont du Grand Canyon de Huajiang, haut de 625 mètres, dans la province chinoise du Guizhou (sud-ouest), le base-jumper français Ion-Mihael Paquet a réglé la caméra fixée sur son casque, a pris une grande inspiration et s'est élancé dans le vide.
La vidéo qu'il a lui-même filmée montre une longue chute libre vers le fond du canyon avant qu'il n'ouvre son parachute à basse altitude et n'atterrisse sur le site de la compétition.
"On a l'impression de sauter en parachute depuis un avion, mais en réalité, c'est du base jump", a déclaré M. Paquet après le saut. "Je ne peux parler que du fond du cœur. C'est incroyable."
M. Paquet fait partie des 32 base-jumpers venus de 19 pays qui participent à l'International High-bridge Skydiving Invitational, organisé du 17 au 23 octobre sur le pont de la rivière Baling et le pont du Grand Canyon de Huajiang.
L'événement a attiré des athlètes dans cette province montagneuse, où de hauts ponts enjambent de profonds canyons et servent de cadre à cette discipline sportive.
Le pont de la rivière Baling a une hauteur confirmée de 370 mètres. Le pont du Grand Canyon de Huajiang, inauguré en septembre 2025, a été certifié comme étant le plus haut pont du monde, s'élevant à 625 mètres au-dessus du fond du canyon. Selon les autorités locales, il a attiré 3,3 millions de visiteurs depuis son ouverture.
M. Paquet est un ancien soldat français et travaille comme pilote d'hélicoptère de sauvetage. Il pratique le base-jump depuis environ 13 ans et a effectué des sauts dans une quinzaine de pays.
Il s'est rendu pour la première fois en Chine en 2024 à l'occasion d'une compétition de base-jump et est revenu dans le Guizhou pour l'édition de cette année. C'était la première fois qu'il découvrait le pont du Grand Canyon de Huajiang et qu'il sautait depuis celui-ci.
M. Paquet a déclaré que ce pont offrait une combinaison rare : sa hauteur permet aux sauteurs de profiter d'une longue période de chute libre pour admirer les montagnes et les forêts, tandis que l'ouverture du parachute à basse altitude et la technicité de l'atterrissage exigent une grande concentration.
"J'ai le temps d'admirer le magnifique paysage, mais je dois en même temps viser ma cible", a-t-il déclaré.
Il a ajouté que, comparé aux grands ponts français, le pont du Grand Canyon de Huajiang était entouré d'un paysage montagneux plus naturel et constituait un lieu "parfait à 100%" pour les adeptes du base-jump.
Lors de son premier saut depuis le pont du Grand Canyon de Huajiang, M. Paquet portait un drapeau chinois en signe de respect envers la Chine et pour remercier le pays hôte.
"Je veux gagner, comme tout le monde, mais pour moi, c'est mieux d'être ici pour profiter de la compétition et montrer au monde ce que la Chine a à offrir", a-t-il raconté.
Pour lui, la compétition n'est pas seulement une épreuve d'habileté, mais aussi une occasion de promouvoir les échanges entre les peuples chinois et français, ainsi qu'avec d'autres pays.
"Le sport est peut-être le ciment qui unit les gens", a-t-il noté, ajoutant que des athlètes venus de France, des Etats-Unis, d'Iran et d'autres pays avaient sauté ensemble lors de cet événement, soulignant ainsi le rôle du sport dans la promotion de la compréhension mutuelle.
M. Paquet a estimé que ces échanges, tant dans le domaine sportif que dans celui des contacts entre les peuples, pouvaient aider les deux peuples à mieux se comprendre.
Ces dernières années, les montagnes et les grottes du Guizhou ont attiré de nombreux visiteurs français venus pratiquer la spéléologie et l'escalade, tandis que la France possède elle-même une culture montagnarde de longue date.
M. Paquet a fait remarquer que, malgré cet amour commun pour la montagne, les deux pays avaient des cultures et des habitudes différentes, et que ces échanges offraient une occasion d'apprendre les uns des autres.
"Nous devons accepter la différence et apprendre à la connaître", a-t-il ajouté, estimant que cela contribuerait à renforcer la compréhension mutuelle entre les deux peuples.
M. Paquet ne connaît aucun base-jumper chinois, mais il estime qu'à mesure que ce sport se développe en Chine, il en rencontrera beaucoup à l'avenir.
"La Chine est un vaste marché prometteur", a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était heureux de continuer à découvrir de nouveaux endroits et à effectuer de nouveaux sauts en Chine, et qu'il aimerait y retourner pour découvrir d'autres lieux et se faire de nouveaux amis.

