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Le charme rétro des produits chinois anciens connaît un retour en grâce auprès des visiteurs étrangers

le Quotidien du Peuple en ligne 08.10.2026 13h33

Alors qu'il s'apprêtait à quitter Beijing pour rentrer au Royaume-Uni, Edward Hugh Fraser, 45 ans, souhaitait rapporter un souvenir. Plutôt qu'une boîte de thé ou une belle écharpe en soie, il a jeté son dévolu sur une boîte au look rétro contenant de l'huile de palourde, un produit pour la peau semblable à de la vaseline, très courant dans les foyers chinois des années 1960 et toujours fabriqué aujourd'hui.

« Ce n'est pas vraiment le souvenir typique du touriste », a-t-il noté, ajoutant que cet objet lui permettait de rapporter un fragment de la vie locale chinoise.

Il a déniché cette huile de palourde au grand magasin Dafang, une vieille boutique pékinoise qui a conservé l'atmosphère des magasins d'État d'autrefois. C'est là qu'il a découvert des objets du quotidien dont il n'aurait jamais imaginé qu'ils aient encore leur place dans le Beijing moderne.

Sur les étagères, il a remarqué des bassines et des tasses en émail blanc et rouge. Un vendeur lui a expliqué que ce type d'articles en émail était couramment offert comme cadeau de mariage en Chine dans les années 1970 et 1980. Non loin de là, une machine à coudre à pédale datant de la même époque était encore en service.

Edward Fraser a également remarqué que des clients venaient toujours y faire confectionner des couettes pour leurs enfants sur le point de retourner à l'internat.

« Ce qui m'a le plus touché, c'est que ces objets rétro ont préservé un mode de vie d'autrefois et restent accessibles aux citoyens ordinaires aujourd'hui », a-t-il confié.

Pour Fabrizio Gurrado, architecte italien, ces vestiges de la vie quotidienne offrent autre chose : un point de rencontre entre la nostalgie chinoise et l'esthétique occidentale.

Près de la célèbre Tour du Tambour de Beijing, Fabrizio Gurrado a transformé plusieurs bassines en émail en suspensions lumineuses pour un restaurant italien.

Cette familiarité confère aux objets rétro une résonance qui transcende les cultures : un objet du quotidien venu d'ailleurs peut aussi évoquer des souvenirs du « chez-soi ».

Cet attrait dépasse largement le cadre des boutiques physiques et de la décoration intérieure. Sur les réseaux sociaux, les produits et modes de vie rétro chinois séduisent un public à l'étranger, en particulier chez les jeunes utilisateurs. Ainsi, les chaussures en tissu traditionnelles chinoises à semelles « aux mille épaisseurs » sont devenues virales sur TikTok. Certains internautes les ont malicieusement surnommées les « Air Jordan de l'ère avant J.-C. », soulignant ainsi le savoir-faire ancestral qui se cache derrière ces chaussures traditionnelles.

Pour de nombreux observateurs étrangers, le style vintage chinois offre un aperçu d'un passé méconnu. En revanche, pour les jeunes Chinois, nombre de ces objets ne sont pas des curiosités exotiques, mais rappellent des éléments autrefois présents dans le foyer de leurs parents ou grands-parents. Cette nostalgie les incite aujourd'hui à réinterpréter ce patrimoine sous un angle contemporain.

L'un d'eux est Hu Yu, créateur de contenu chinois qui a grandi dans les années 1980 et documente cet univers matériel en voie de disparition à travers de courtes vidéos. Dans l'une de ses séries, il visite les derniers grands magasins d'État encore en activité et filme les marchandises qui y sont toujours vendues. Ces vidéos attirent des spectateurs qui profitent de l'espace commentaires pour évoquer avec nostalgie des objets similaires ayant marqué leur propre enfance.

« Les véritables objets rétro finissent par s'user, mais la créativité permet de perpétuer les liens familiaux et l'évolution des souvenirs liés à ces époques », a de son côté expliqué Guo Minjie, 21 ans, créatrice de motifs pour perles à repasser, un loisir créatif très prisé des jeunes passionnés chinois.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)