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Zhejiang : à Hangzhou, des « employés » à intelligence artificielle aident à rationaliser les services de la ville
DeepSeek, une startup technologique basée à Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang (est de la Chine), qui a surpris le monde le mois dernier avec le lancement de son grand modèle de raisonnement à haute efficacité Deepseek-R1, a annoncé l'intégration d'outils d'intelligence artificielle dans les services gouvernementaux dans plusieurs villes chinoises.
Mais si les gouvernements locaux se précipitent pour utiliser les modèles d'intelligence artificielle de DeepSeek pour améliorer l'administration et la gouvernance, le public affiche en revanche des sentiments mitigés à propos de ces développements.
(Photo / VCG)
Ainsi, selon Wei Jianzhang, vice-président de l'Institut de recherche internationale de la coopération et du développement de l'Initiative « la Ceinture et la Route » à Shenzhen, dans la province du Guangdong (sud de la Chine), si l'intelligence artificielle offre de nombreux avantages, tels qu'une amélioration de l'efficacité et des services publics améliorés, il est également accompagné d'une part conséquente de défis. « Cela soulève des questions sur la sécurité des données et la perte potentielle d'emplois », a-t-il noté, ajoutant que la clé est de trouver un équilibre entre l'innovation et l'utilisation responsable des outils d'intelligence artificielle pour garantir que la technologie sert les gens et améliore la gouvernance.
Plusieurs villes chinoises, dont Guangzhou, capitale de la province du Guangdong, Hohhot, capitale de la région autonome de Mongolie intérieure, Ganzhou dans la province du Jiangxi et Wuxi dans la province du Jiangsu ont pris des mesures pour améliorer l'efficacité administrative avec l'aide de l'intelligence artificielle.
La semaine dernière, le district de Futian de Shenzhen a mis en service 70 « employés » à intelligence artificielle, propulsés par DeepSeek-R1, pour gérer 11 services différents entre les différents services de la ville, notamment le traitement des documents, l'examen des projets d'investissement et l'attribution des tâches. Dans le même temps, le 22 février, le Bureau des services municipaux et de gestion des données de Shenzhen a révélé « Shen Xiao I », un assistant à intelligence artificielle de type chatbot, le rendant disponible sur l'application des services gouvernementaux de la ville.
Selon Jin Yingzi, porte-parole du district de Futian, le système à intelligence artificielle a « considérablement amélioré l'efficacité ». Par exemple, a-t-elle déclaré, la génération d'une circulaire gouvernementale ne prend désormais que quelques minutes, au lieu de cinq jours, avec un taux de précision des documents de formation supérieurs à 95%, ajoutant qu'en outre le temps d'audit a été réduit de 90%, tandis que les taux d'erreur sont inférieurs à 5 %.
Le lancement des « employés » à intelligence artificielle à Futian a attiré une grande attention et a attiré des réactions mitigées sur les réseaux sociaux, avec des utilisateurs louant l'initiative ou exprimant de l'anxiété, voire les deux. « C'est un très bon moyen d'améliorer l'efficacité du gouvernement », a écrit un utilisateur sur Sina Weibo. « Cependant, cela rendra la compétition pour devenir fonctionnaire plus intense et forcera ceux qui sont déjà employés à rejoindre la course à l'échalote pour surpasser leurs "collègues" à intelligence artificielle », a-t-il ajouté.
De son côté, Gao Zeng, directeur adjoint du Bureau des services numériques du district de Futian, a souligné que les outils à intelligence artificielle ne sont destinés qu'à la prise de décision et ne remplaceront pas les employés humains. « Ces "employés" à intelligence artificielle aident simplement les fonctionnaires. Leur rôle est de fournir un soutien dans les tâches quotidiennes et d'aider l'administration publique et la prestation de services. La collaboration humains-intelligence artificielle vise à améliorer l'efficacité du travail et à réduire la charge de travail au niveau local », a-t-il expliqué. Par ailleurs, chaque « employé » à intelligence artificielle a un superviseur humain désigné et opère sous la direction du superviseur, qui est tenu responsable de toutes les actions, a ajouté M. Gao.
Selon M. Wei, de l'Institut de recherche internationale de la coopération et du développement de l'Initiative « la Ceinture et la Route », « Les gouvernements locaux devraient hiérarchiser les cadres éthiques, la transparence et la conception centrée sur l'homme pour garantir que les assistants à intelligence artificielle augmentent l'efficacité et ne remplacent pas la discrétion humaine ».
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