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Les Nations Unies adoptent une résolution célébrant le centenaire de la naissance du virologue chinois Gu Fangzhou

le Quotidien du Peuple en ligne 04.01.2026 16h31

La 43e session de la Conférence générale de l'UNESCO a récemment adopté une résolution visant à inclure officiellement la commémoration du centenaire de la naissance de Gu Fangzhou dans la série d'événements commémoratifs de l'UNESCO.

Pourquoi le centenaire de la naissance d'un scientifique chinois a-t-il été inclus dans la « liste d'activités » des Nations Unies ? Cette reconnaissance transfrontalière découle du vaccin contre la polio développé par ce scientifique chinois, qui a apporté une contribution significative à la protection de la « colonne vertébrale » de centaines de millions d'enfants dans le monde.

La poliomyélite, ou polio, communément appelée « paralysie infantile », attaque principalement les motoneurones du système nerveux central. Avec ses taux d'invalidité et de mortalité élevés, elle a autrefois plongé d'innombrables familles dans le désespoir. En 1955, une épidémie de polio à grande échelle s'est produite à Nantong, dans la province du Jiangsu (est de la Chine), entraînant 466 décès sur 1 680 cas cliniques, tandis que la plupart des survivants se sont retrouvés avec des handicaps à vie.

« Je me suis spécialisé en virologie, et j'accepterai cette tâche ! ». En 1957, Gu Fangzhou, alors âgé de 31 ans, s'est porté volontaire pour diriger une équipe de recherche dans la bataille à mort contre le poliovirus.

Dans le développement de vaccins, après des essais réussis sur des animaux, des essais cliniques sur des humains suivent. Qui sera le premier à essayer le vaccin ? « Je vais prendre les devants ! », s'écria Gu Fangzhou, qui s'empara d'un flacon de solution vaccinale et la but d'un seul coup. Une semaine plus tard, ses signes vitaux s'étaient stabilisés, confirmant à titre préliminaire l'innocuité du vaccin pour les adultes. Mais comment prouver maintenant sa sécurité pour les enfants ?

Gu Fangzhou prit alors une autre décision étonnante « si quelque chose doit arriver, commencez par mon enfant ». Il fit boire le vaccin à son fils, qui n'avait pas encore un an. D'autres collègues de l'équipe envoyèrent également leurs enfants participer à l'essai, rassemblant rapidement le groupe d'enfants requis pour l'expérience.

Cette persévérance quelque peu brutale et douloureuse a finalement porté ses fruits : un mois plus tard, les signes vitaux des enfants étaient revenus à la normale, l'essai clinique s'est terminé avec succès et le produit était enfin prêt pour la production et à être administré aux enfants à travers le pays.

En 1960, le premier lot de vaccins vivants contre la polio (de type Sabin) fut développé avec succès en Chine. En décembre 1960, les 5 millions de doses initiales du vaccin avaient été produites et rapidement distribuées dans 11 villes du pays, freinant ainsi rapidement la propagation de l'épidémie.

Cependant, les vaccins vivants nécessitent une réfrigération à basse température et, à cette époque, la Chine ne disposait pas d'un système de transport sous chaîne du froid bien établi. Pendant le transport, les vaccins étaient très susceptibles de se détériorer, ce qui rendait difficile l'accès des enfants des zones reculées à des vaccins qualifiés. Et dans le même temps, la forme liquide amère des vaccins les rendait également peu attrayants pour les enfants, ce qui affectait les taux de vaccination. Comment rendre les vaccins plus faciles à conserver et plus attrayants pour les enfants ?

Un jour, alors qu'il voyait son fils se disputer à propos de bonbons, Gu Fangzhou eut soudain une inspiration : « Pourquoi ne pas transformer le vaccin en pilules de sucre ? ». Immédiatement, il embarqua son équipe dans des recherches innovantes sur les formulations de vaccins. Après plus d'un an d'essais répétés, le vaccin antipoliomyélitique jaune pâle à base de pilules de sucre fut finalement développé : non seulement il conservait l'efficacité immunologique des vaccins vivants, mais en plus il pouvait être conservé à température ambiante pendant des jours et résolvait les problèmes de stockage et de transport. Son goût sucré faisait en plus que les enfants n'y résistaient plus, ce qui a considérablement augmenté les taux de vaccination.

Depuis que le dernier cas a été détecté en septembre 1994, aucun nouveau cas provoqué par des virus domestiques n'a été découvert en Chine à ce jour. En 2000, la « Cérémonie de signature du rapport de vérification sur l'éradication de la poliomyélite en Chine » s'est tenue à Beijing, où Gu Fangzhou, alors âgé de 74 ans, signa le document en tant que représentant, marquant ainsi le statut de la Chine en tant que pays exempt de poliomyélite.

Gu Fangzhou était bien conscient que la poliomyélite constituait un défi de santé publique mondial qui ne pouvait être éradiqué que grâce à une collaboration internationale. Son vaccin innovant à base de sucre, avec sa grande efficacité, sa commodité et son faible coût, a été largement adopté dans le monde entier, en particulier dans les pays en développement. Dans les régions reculées d'Afrique et d'Asie, le vaccin sucré peut être transporté et stocké sans équipement de réfrigération complexe, réduisant ainsi considérablement les obstacles à la vaccination et aidant les enfants de ces régions à développer une protection immunitaire.

Des villages reculés d'Asie aux vastes terres d'Afrique, des centaines de millions d'enfants ont échappé au sort de la paralysie. Et c'est ainsi que le titre de « Grand-père aux pilules de sucre » qui lui fut naguère donné s'est répandu comme une traînée de poudre !

(Web editor: Huiyan Li, Yishuang Liu)