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La rigueur implacable d'un technicien chinois lui vaut des éloges

le Quotidien du Peuple en ligne 08.05.2026 14h53

Dans un atelier niché au bord de la mer de Chine méridionale, Zhou Hao usine des pièces avec une précision de 0,003 millimètre, soit environ un trentième de l'épaisseur d'un cheveu. Pour ce technicien en chef de 46 ans, rattaché à l'Institut des sciences et de l'ingénierie des grands fonds de l'Académie chinoise des sciences, cette marge est cruciale pour la réussite des opérations à 10 000 mètres de profondeur.

« Lors de l'usinage de pièces et de la mise au point d'équipements, aucune étape ne peut être négligée », a-t-il souligné.

Au cours de la dernière décennie, Zhou Hao a résolu 366 problèmes techniques liés au développement d'équipements de recherche en eaux profondes, selon l'institut. Il a également supervisé 316 améliorations pour les essais en mer, contribuant ainsi aux nombreuses premières nationales et internationales des submersibles de conception chinoise.

Zhou Hao a aussi travaillé sur les submersibles habités Shenhai Yongshi et Fendouzhe, et a été témoin du bond technologique spectaculaire de la Chine en matière d'exploration des grands fonds, passant d'une utilisation opérationnelle à des profondeurs de pointe mondiales. Il passe régulièrement plus de dix heures par jour à l'atelier, à régler les équipements avant les essais en mer, répétant les tests deux à trois fois. Son parcours fut pourtant semé d'embûches et d'imprévus.

Diplômé d'une école technique en 1999, Zhou Hao décrocha un poste d'ajusteur dans une entreprise de machines minières de la province du Liaoning (nord-est de la Chine). « J'avais décidé de devenir le meilleur ajusteur du secteur », confie-t-il. Il s'exerça au limage – une compétence fondamentale – des dizaines de milliers de fois, usant près d'un millier de limes.

En quelques années, il maîtrisa tours, fraiseuses, aléseuses, raboteuses, rectifieuses et soudeuses.

En 2016, en quête de nouveaux défis, Zhou Hao s'installa dans la province de Hainan (sud de la Chine) et rejoignit l'Institut des sciences et de l'ingénierie des grands fonds. « Je pensais que ce serait un grand honneur de mettre mes compétences au service de la construction d'une nation maritime forte », a-t-il expliqué. Il comprit rapidement que les machines terrestres et les équipements sous-marins diffèrent presque fondamentalement, mais son approche demeura inchangée : rigoureuse, répétitive et inlassable. Zhou Hao a été désigné « Artisan de l'année » et a reçu les plus hautes distinctions professionnelles chinoises, dont le prix du Travailleur modèle national et le Prix des compétences de Chine. Il forme désormais la relève. Quatre de ses apprentis sont issus d'écoles techniques de Hainan. L'un est technicien supérieur, deux sont techniciens et le troisième, né après 2000, est technicien de niveau avancé.

« Je leur dis toujours de ne pas considérer cela comme une simple formalité », a noté Zhou Hao. « Ils doivent s'investir pleinement dans le développement des technologies de pointe en eaux profondes du pays », a-t-il dit, ajoutant : « L'esprit de la recherche scientifique, c'est se donner à fond et ne jamais abandonner. »

Alors que la Chine poursuit ses ambitions en matière d'exploration des grands fonds marins, Zhou Hao est convaincu que le savoir-faire déterminera le succès du pays. « Transmettre le flambeau, perpétuer le savoir-faire : voilà comment on formera de nouveaux artisans d'exception », a-t-il conclu.

(Web editor: 实习生2, Yishuang Liu)