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Valoriser le carbone : l'approche innovante de la Chine

Des opérations de récupération assistée du pétrole par injection de CO₂ sur le bloc Lai-113 du champ pétrolifère de Shengli, à Dongying, dans la province du Shandong (est de la Chine). (Photo/Liu Zhifeng).
Le dioxyde de carbone peut-il réellement servir au chauffage ? En mai dernier, le premier projet chinois de géothermie utilisant le dioxyde de carbone a été mis en service à Zhengzhou, capitale de la province du Henan (centre de la Chine). Doté d'un puits géothermique de 2 500 mètres de profondeur, d'un système de circulation en circuit fermé et d'un fluide caloporteur innovant, ce projet utilise du dioxyde de carbone supercritique comme « vecteur énergétique ». Il transporte la chaleur des profondeurs du sous-sol vers la surface, offrant ainsi une source de chaleur propre pour le chauffage urbain résidentiel.
Lorsque l'on évoque le dioxyde de carbone, on pense souvent immédiatement à l'effet de serre et au réchauffement climatique. En réalité, toutefois, le dioxyde de carbone présente une valeur pratique considérable et est largement utilisé dans divers secteurs industriels.
À l'approche de l'échéance de 2030 fixée pour le pic des émissions de carbone, l'évolution des perceptions et des méthodes concernant la valorisation du dioxyde de carbone illustre parfaitement l'engagement de la Chine en faveur d'un développement vert.
Alors, à quoi d'autre le dioxyde de carbone peut-il servir ?
D’abord, à la production d'électricité. En mai, la deuxième unité du projet « Super-Carbon n° 1 » a été raccordée avec succès au réseau électrique. Cette étape a marqué l'achèvement complet du premier projet de démonstration au monde de production d'électricité à partir de chaleur résiduelle utilisant du dioxyde de carbone supercritique ; ce système affiche un rendement de conversion thermique en électricité supérieur de 75 % à celui des centrales à vapeur traditionnelles.
Ensuite, de matière première chimique. Au sein du parc industriel pétrochimique de la nouvelle zone de Xuwei, à Lianyungang, dans la province du Jiangsu (est de la Chine), le dioxyde de carbone est transformé en polyols de polyéther. Ces matériaux sont ensuite utilisés dans diverses industries, allant des mousses composites et adhésifs pour l'automobile jusqu'aux cuirs synthétiques à base d'eau et aux revêtements.
Enfin, à la production alimentaire. Après avoir réussi à synthétiser de l'amidon à partir de dioxyde de carbone en laboratoire, l'Institut de biotechnologie industrielle de Tianjin, rattaché à l'Académie chinoise des sciences, a accompli un nouvel exploit « magique » : transformer le dioxyde de carbone en sucre.
Passer d'une vision du dioxyde de carbone comme un « fardeau » ou un gaz à effet de serre problématique à sa reconnaissance comme une « ressource » précieuse et un intrant de production puissant, tout en cherchant à maximiser son utilité et à réévaluer sa valeur, témoigne d'un bond en avant des capacités d'innovation et d'un changement fondamental de philosophie de développement. Ces pratiques écologiques qui consistent à transformer les déchets en ressources précieuses et le « carbone en or » offrent un excellent point de vue pour observer la transformation verte et bas carbone de la Chine.
L'innovation technologique est le moteur essentiel du développement vert. Dans sa quête d'une croissance fondée sur les économies d'énergie et la réduction des émissions de carbone, la Chine mise sur l'innovation pour ouvrir de nouvelles perspectives et créer une dynamique inédite. Sur le site de démonstration de CCUS (captage, utilisation et stockage du carbone) du champ pétrolifère d'Aonan, rattaché à l'usine d'extraction n° 7 du champ pétrolifère de Daqing, du dioxyde de carbone liquide est injecté en continu dans le sous-sol via des conduites à haute pression. Ce procédé utilise le dioxyde de carbone pour stimuler la récupération du pétrole, augmentant ainsi simultanément le taux d'extraction tout en assurant la séquestration géologique du carbone. Fin 2025, le champ pétrolifère de Jilin avait séquestré un total cumulé de 3,61 millions de tonnes de dioxyde de carbone, une quantité équivalant à la plantation de plus de 30 millions d'arbres.
En se concentrant sur des domaines clés tels que l'utilisation efficace des énergies propres, les technologies avancées de stockage d'énergie et la gestion des actifs carbone, et en concentrant ses efforts pour réaliser des percées dans des technologies originales et pionnières, la Chine consolide sans cesse les fondations de sa transition écologique.
Réduire les émissions ne signifie pas freiner la productivité ; il s'agit plutôt de faire de la réduction des émissions un levier d'innovation industrielle.
La décarbonation ne se résume pas à une simple soustraction ; c'est un moyen de soutenir une croissance de meilleure qualité tout en consommant moins de ressources. Chez Yicheng Southern Cement Co., Ltd., dans la province du Jiangsu (est de la Chine), les économies d'énergie et la réduction des émissions de carbone sont devenues des atouts concurrentiels majeurs ; la récupération de la chaleur fatale pour la production d'électricité couvre plus de 73 % des besoins énergétiques liés à la fabrication du clinker. Par rapport à 2020, l'industrie cimentière chinoise a enregistré, en 2025, une baisse de 15,8 % des émissions de dioxyde de carbone par tranche de 10 000 yuans de valeur ajoutée, démontrant ainsi comment la modernisation écologique et bas carbone favorise de nouvelles opportunités de développement et ouvre de nouveaux horizons de croissance.
L'expérience chinoise prouve qu'un équilibre judicieux entre développement et réduction des émissions, permettant d'atteindre des résultats gagnant-gagnant alliant protection de l'environnement et développement, progrès simultanés en matière de décarbonation et d'efficacité, ainsi que partage des opportunités et des bénéfices, peut puissamment stimuler la dynamique interne de la transformation bas carbone.
Dans une perspective plus large, la Chine intensifie le partage de technologies bas carbone et la coopération écologique pragmatique avec les nations du monde entier, illustrant ainsi sa vision d'une communauté de destin pour l'humanité et son esprit de solidarité. À Nauru, une centrale photovoltaïque construite par une entreprise chinoise produit suffisamment d'électricité pour couvrir la totalité des besoins du pays. En Éthiopie, le projet de rocade d'Addis-Abeba intègre des installations complètes exploitant des énergies nouvelles ainsi que des systèmes de récupération des eaux de pluie, permettant de réduire efficacement la consommation d'énergie et de ressources. La Chine ne ralentira ni n'interrompra ses efforts pour atteindre le pic des émissions de carbone et la neutralité carbone.
Récemment, la Chine a publié le « Plan d'action pour atteindre le pic des émissions de carbone au cours de la période du 15e Plan quinquennal », définissant une feuille de route pour promouvoir le développement vert au cours des cinq prochaines années. À travers ces initiatives liées aux objectifs « double carbone », le monde sera une fois de plus témoin de la sagesse de la Chine en matière de coexistence harmonieuse et de sa volonté de joindre l'acte à la parole.

Le projet de démonstration de stockage d'énergie par CO₂ de Wuhu Conch, à Wuhu, dans la province de l'Anhui (est de la Chine). (Photo/Xiao Benxiang).

