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La Chine déploie des « salles de classe » pour l'IA

le Quotidien du Peuple en ligne 28.09.2026 14h56

Des rangées de robots humanoïdes répètent inlassablement les mêmes mouvements. À proximité, des opérateurs humains effectuent des gestes qui sont enregistrés par des capteurs puis transmis à des systèmes d'entraînement de l'intelligence artificielle.

Des scènes de ce type se déroulent aujourd'hui dans de nombreux endroits en Chine, que l'on appelle les « terrains d'entraînement pour l'IA incarnée ».

La Chine compte désormais plus de 140 fabricants de robots humanoïdes. En 2025, le pays a livré 14 400 robots humanoïdes, environ 80% des robots expédiés dans le monde.

Aussi impressionnants que soient ces chiffres, un défi reste à relever : Comment transformer ces robots en machines capables d'accomplir de manière fiable les innombrables tâches et affronter les situations imprévisibles de la vie quotidienne.

L'une des réponses est… l'accès à d'immenses quantités de données.

Les grands modèles de langage ont appris à partir de vastes quantités de documents. Internet regorge de textes, mais beaucoup moins de données issues des interactions avec le monde physique. C'est précisément pour combler cette lacune que sont construits ces nouveaux terrains d'entraînement, où les robots apprennent à se déplacer et à accomplir des tâches dans des environnements réels grâce à un entraînement répétitif.

Selon un récent rapport de recherche, à la fin juin 2026, la Chine comptait plus de 70 terrains d'entraînement dédiés à l'IA incarnée. Par ailleurs, plus de 40 autres étaient en construction ou en phase de planification. La plupart sont situés dans le delta du Yangtsé, dans la région Beijing-Tianjin-Hebei et dans le delta de la rivière des Perles.

Dans la province du Guangdong (sud de la Chine), le terrain d'entraînement, surnommé l'« école pour robots », réunit régulièrement les fabricants de robots et leurs utilisateurs potentiels, aidant ainsi les fabricants à trouver des solutions d'IA incarnée adaptées, tout en donnant aux développeurs de robots accès à des environnements réels dans lesquels leurs machines peuvent apprendre et être testées.

Un modèle similaire se met en place à Hangzhou, capitale de la province du Zhejiang (est de la Chine). La base pilote nationale pour les applications de l'IA incarnée, comme un « super-connecteur », réunit des entreprises publiques, des entreprises technologiques de premier plan et des sociétés utilisatrices grâce à un mécanisme de coopération ouverte.

« Auparavant, le développement d'un seul scénario d'application pouvait coûter à une entreprise des dizaines de millions de yuans rien que pour les données d'entraînement. Désormais, vous pouvez accéder à tout ce dont vous avez besoin en un seul endroit », a déclaré Zhang Haiwei, fondateur d'une entreprise de robotique basée à Hangzhou.

À mesure que ces terrains d'entraînement évoluent, passant d'installations isolées à un écosystème plus vaste, les pouvoirs publics mettent également en place des mesures de soutien afin d'accélérer leur développement.

En juin 2026, les autorités chinoises ont lancé conjointement un plan d'action spécial pour l'entraînement des robots humanoïdes et de l'IA incarnée en conditions réelles. Celui-ci demande à chaque région provinciale d'identifier au moins 20 scénarios prioritaires et de créer des espaces d'entraînement en conditions réelles qui soient adaptés à l'entraînement, aux tests et à la vérification.

Parallèlement, une norme industrielle relative à la qualité des jeux de données pour l'IA incarnée, élaborée par un consortium de plus de 40 organisations, doit entrer en vigueur le 1er novembre, visant notamment une attention plus accrue portée à la qualité des données d'entraînement et non seulement au volume, tout en comblant les lacunes antérieures.

Le modèle économique évolue lui aussi. Wang Maolin, cofondateur d'une plateforme consacrée à l'écosystème de l'IA incarnée basée à Shenzhen (sud de la Chine), estime que la prochaine étape consiste à développer un modèle de « formation en tant que service ». L'objectif est de créer des sources de revenus diversifiées permettant d'assurer la viabilité économique de ces terrains d'entraînement.

Grâce au soutien des politiques publiques et à la dynamique croissante autour de leur développement, les terrains d'entraînement pour l'IA incarnée ne sont plus limités aux principaux pôles économiques de la Chine. Selon des professionnels du secteur, ils commencent désormais à s'implanter jusque dans les villes chinoises de troisième et quatrième rang, offrant ainsi un accès à davantage de talents et de capitaux, ainsi qu'à un nombre croissant de scénarios d'utilisation réels et de données.

(Web editor: Qianqian Wu, Yishuang Liu)