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Rendez-vous avec l'opéra de Pékin au théâtre antique de Carthage en Tunisie
Les derniers rayons du soleil couchant éclairaient encore le théâtre antique de Carthage, la nuit commençait à tomber et la chaleur estivale à s'apaiser. Quand les notes vibrantes de l'opéra de Pékin se sont retenti, et le Roi Singe, vêtu de sa robe dorée, a fait son entrée sur le rythme des tambours, un tonnerre d'applaudissements a aussitôt porté l'instant à l'apogée.
C'est ainsi qu'a débuté, mardi soir, la tournée de la Compagnie nationale d'opéra de Pékin de Chine, dans le cadre du segment "Folklores du monde" du 60e Festival de Carthage, en Tunisie.
Le Roi singe est l'héro du "Grand chahut dans le Palais Céleste", l'une des plus célèbres pièces du répertoire d'opéra de Pékin, produite ce soir par une vingtaine d'artistes.
Lorsque le Roi singe, puissant et malicieux, mena ses enfants singes sur scène pour affronter l'armée céleste, la salle a retenti d'applaudissements et d'acclamations. Wissal Khlifi, une apprenante de la langue chinoise, a laissé échapper un cri d'excitation et a sorti aussitôt son téléphone pour capturer cette scène remarquable.
"J'avais déjà vu des scènes de changement de visage et des acrobaties", a-t-elle expliqué, "mais c'était la première fois que j'assistais à un opéra de Pékin. La diversité des styles présentés témoigne de la profondeur et de la richesse de la culture chinoise".
Aux yeux de Meher Rabeh, qui n'a quasiment pas lâché son appareil pendant la demi-heure du spectacle, l'opéra de Pékin, par rapport aux autres spectacles folkloriques, se distingue par son jeu subtil et les transitions entre mouvement et immobilité.
"A un moment, les artistes étaient engagés dans un combat acharné ; l'instant d'après, ils se fixaient dans une immobilité parfaite", s'est-il exclamé, "le contraste et la concordance entre mouvement et silence, son et silence, était tout simplement époustouflant".
Parmi la troupe de jeunes singes qui montaient sur scène, on compte cinq jeunes Tunisiens pratiquant les arts martiaux chinois. Zayneb Mannai, membre de la Fédération tunisienne de Wushu Kung-Fu, s'entraîne depuis 13 ans et s'est rendue deux fois en Chine pour des compétitions d'arts martiaux.
Maquillée et costumée, cette fille de 17 ans imite les mouvements du singe à la perfection. "Apprendre la chorégraphie et le placement sur scène n'a pas été facile au début", a-t-elle confié, "mais se produire aux côtés d'artistes de l'opéra de Pékin a institué une expérience incroyable pour mes amis et moi".
Selon Hend Mokrani, directrice du 60e Festival de Carthage, tandis que d'autres spectacles internationaux disposaient d'une dizaine de minutes chacun, la pièce de l'opéra de Pékin s'est vue attribuer un créneau spécial de 30 minutes pour ouvrir le soirée.
"Nous souhaitions offrir au public suffisamment de temps pour suivre l'histoire, découvrir une forme différente de théâtre et savourer la richesse de la culture chinoise", a-t-elle dit. "L'enthousiasme du public témoigne de leur appréciation pour ce spectacle chinois. J'espère voir davantage de spectacles de ce genre en Tunisie à l'avenir. Ils constituent un formidable pont pour les échanges culturels entre nos deux pays."
Tian Lei, vice-président de la Compagnie nationale d'opéra de Pékin de Chine ne cache pas son émotion. "Sur scène, nous avons été accueillis par des applaudissements nourris et des signes d'appréciation chaleureuse. En coulisses, j'ai vu des enfants se maquiller avec enthousiasme et reprendre certains mouvements de l'opéra de Pékin", a-t-il raconté.
La compagnie a préparé trois spectacles classiques pour cette tournée. Après son passage à Tunis, la troupe se rendra à Sousse et à Kairouan, où elle donnera des représentations jusqu'au 14 août.


