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Une tradition ancestrale de production de sel perdure à travers les générations
La famille de Gendun Tsomo, dans le village de Jiada, canton ethnique naxi du comté de Mangkam, région autonome du Xizang (sud-ouest de la Chine), gère 48 parcelles salantes. La production de sel à Mangkam remonte à plus de 1 300 ans.
« Le sel de notre famille est encore séché au soleil selon les mêmes méthodes que sous la dynastie Tang (618-907) », a-t-elle déclaré.

Photo d'anciens bassins de sel dans le comté de Mangkam, région autonome du Xizang (sud-ouest de la Chine). (Luo Yuxin/Le Quotidien du Peuple en ligne)
À l'origine, le sel était séché à même le sol plat. Plus tard, des glissements de terrain et des crues ont enseveli les bassins ; les villageois les ont donc déplacés sur des pentes raides et ont construit des plateformes en bois surélevées, mais la méthode elle-même n'a jamais changé.

Photo des cristaux de sel naturels formés sous les structures en bois des anciennes parcelles salines du comté de Mangkam, région autonome du Xizang (sud-ouest de la Chine). (Luo Yuxin/Le Quotidien du Peuple en ligne)
La technique derrière ce sel — le séchage au soleil de la saumure puisée dans des puits anciens — a été inscrite en 2008 sur la liste du patrimoine culturel immatériel national de la Chine. En 2013, les bassins de sel eux-mêmes ont été classés comme site historique et culturel majeur protégé au niveau national et ajoutés à la liste indicative de la Chine pour le patrimoine mondial de l'UNESCO.
Gendun Tsomo, 33 ans, se souvient d'avoir dans son enfance suivi sa mère jusqu'aux puits de sel, faisant des dizaines de trajets par jour. En hiver, l'eau salée lui crevassait les mains et les pieds, tandis que les lourdes charges formaient d'épaisses callosités sur ses épaules.
Plus tard, des pompes à moteur d'abord diesel, puis à essence, ont été introduites. Puis des pompes électriques les ont remplacées après le raccordement du village au réseau électrique en 2006. Celles-ci sont encore utilisées aujourd'hui.
La saumure est désormais puisée différemment, mais le savoir-faire dans la fabrication du sel n'a pas changé. Verser la saumure, la faire sécher au soleil et récolter les cristaux se font encore entièrement à la main, comme toujours.
La saison de production du sel s'étend de novembre à juin, la période la plus chargée étant de mars à mai. Par beau temps, le sel peut être récolté tous les trois à cinq jours, contre 10 à 20 jours en saison de pluie. De fortes pluies peuvent diluer la saumure, les obligeant à recommencer plusieurs jours de travail.
La récolte dépend de la météo, et les revenus aussi. La production de sel est un travail difficile et lent, aux rendements modestes, et de moins en moins de jeunes sont prêts à passer leurs hivers à transporter de la saumure.

Photo d'anciens bassins de sel dans le comté de Mangkam, région autonome du Xizang (sud-ouest de la Chine). (Luo Yuxin/Le Quotidien du Peuple en ligne)
Pour préserver les bassins de sel et leur paysage d'origine, le gouvernement local a alloué 1,21 million de yuans (environ 180 660 dollars) de fonds d'aide par le travail pour des réparations — une somme qui a payé des ouvriers locaux pour réaliser les travaux. S'appuyant sur ce patrimoine et le tourisme de la région, le gouvernement local cherche désormais à faire classer les bassins de sel en zone touristique de niveau 5A, le plus haut niveau de la classification nationale chinoise. En 2024, Mangkam a attiré un peu plus d'un million de visites touristiques et généré 140 millions de yuans, soit environ 20,9 millions de dollars de recettes touristiques.

