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Comment la Chine et l'Afrique partagent les fruits de leurs liens solides

le Quotidien du Peuple en ligne 09.01.2026 11h04
Comment la Chine et l'Afrique partagent les fruits de leurs liens solides
(Yang Zhe/Xinhua)

Dans les années 1970, les rizières dorées scintillaient sous le soleil dans les zones rurales de la République démocratique du Congo (RDC). Là, les experts agricoles chinois retroussèrent leurs pantalons et se retrouvèrent jusqu'aux chevilles dans les rizières boueuses, travaillant main dans la main avec les agriculteurs locaux pour partager leurs techniques d'irrigation et de plantation.

Ces premiers efforts ont laissé un héritage qui va bien au-delà de l'agriculture. Selon Daniel Mukoko Samba, vice-premier ministre et ministre de l'économie nationale de la RDC, les grains de riz qui ont pris racine sur le sol africain ont également semé les graines d'une amitié durable entre les peuples de Chine et de ce pays d'Afrique centrale.

« Un jour, j'ai rencontré une femme qui cultivait du riz depuis plus de 35 ans », a rappelé le vice-Premier ministre dans un entretien accordé au China Daily. « Elle m'a dit que c'est grâce aux conseils d'experts chinois qu'elle a appris à cultiver le riz et à améliorer la vie de sa famille ».

« L'image des techniciens agricoles chinois travaillant aux côtés de nos agriculteurs reste encore aujourd'hui profondément émouvante », a-t-il poursuivi, ajoutant que « cette coopération a non seulement apporté des progrès tangibles à notre secteur agricole, mais a également jeté les bases d'une amitié durable entre nos peuples » et notant que l'amitié entre les peuples chinois et congolais est profondément enracinée dans l'histoire et se caractérise depuis longtemps par la sincérité, le respect mutuel et une véritable connexion.

La RDC, a affirmé Daniel Mukoko Samba, attache une grande importance à sa coopération économique et commerciale avec la Chine, a-t-il déclaré. Il a exprimé l'espoir que davantage d'entreprises chinoises investiront et créeront des entreprises dans le pays pour soutenir la modernisation industrielle, aller au-delà des exportations de ressources brutes vers une transformation et une production localisées, renforcer la position de la RDC dans les chaînes de valeur mondiales et faire progresser une transformation stratégique de sa structure économique.

Notant aussi que la voie de développement de la Chine constitue une référence précieuse pour les autres pays en développement, il a souligné que « la Chine a sorti des centaines de millions de personnes de la pauvreté », ajoutant que « cette expérience revêt une grande importance pour l'Afrique, qui continue de faire face à des défis liés à la dépendance économique et technologique ».

Cette année marque le 70e anniversaire du début de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et les pays africains.

Le 7 janvier, le Ministre des Affaires étrangères Wang Yi a entamé sa visite en Ethiopie, en Somalie, en Tanzanie et au Lesotho, au cours de laquelle il assistera à la cérémonie de lancement de l'Année des échanges entre les peuples Chine-Afrique 2026 au siège de l'Union africaine à Addis-Abeba, en Ethiopie. Cette visite de six jours marquera la 36e année consécutive où l'Afrique est la destination du premier voyage à l'étranger du chef de la diplomatie chinoise.

S'exprimant le même jour lors d'une conférence de presse quotidienne, Mao Ning, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a déclaré que la Chine souhaitait approfondir la confiance politique mutuelle avec toutes les parties, favoriser la mise en œuvre des résultats du Sommet 2024 du Forum sur la coopération sino-africaine et renforcer les échanges et l'apprentissage mutuel entre les deux grandes civilisations chinoise et africaine.

De son côté, Hodan Osman Abdi, ambassadrice de Somalie en Chine, a déclaré qu'elle se félicitait de la visite de Wang Yi dans son pays au début de la nouvelle année, notant que la tradition du ministre chinois des Affaires étrangères de faire de l'Afrique sa première destination étrangère chaque année met en évidence l'engagement ferme de la Chine envers l'Afrique et la coopération Sud-Sud.

« La Somalie est un pays riche en ressources avec un potentiel de développement important, et nous sommes impatients de renforcer davantage la coopération sino-somalienne, notamment dans le développement des infrastructures et dans la transformation de nos ressources naturelles en avantages tangibles pour notre peuple », a-t-elle ajouté.

Yoro Diallo, universitaire malien et directeur du Musée africain de l'Université normale du Zhejiang, a pour sa part noté que la modernisation chinoise, avec ses propres caractéristiques, est « basée sur l'ouverture » et que son esprit est « le partage des possibilités », ajoutant que les pays du continent bénéficieront de ces progrès, car la coopération sino-africaine repose sur le respect mutuel, des résultats tangibles et une amitié sincère.

Ces évaluations se reflètent également dans les résultats concrets de la coopération sino-africaine au fil des ans. Au cours des 25 dernières années, la Chine a ainsi aidé l'Afrique à construire et à moderniser près de 100 000 kilomètres de routes et plus de 10 000 kilomètres de voies ferrées. Dans le même temps, les entreprises chinoises ont créé plus de 1,1 million d'emplois en Afrique de 2022 à 2024, et la Chine est restée le plus grand partenaire commercial de l'Afrique depuis 16 années consécutives à la date de 2024.

Chakil Aboobacar, secrétaire général du parti Frelimo du Mozambique, a pour sa part affirmé que la Chine et l'Afrique, travaillant main dans la main vers la modernisation, créent un avenir meilleur pour les deux parties.

Dans le cadre de la coopération sino-africaine, une série de laboratoires agricoles sont devenus des plateformes essentielles pour la recherche sur les variétés de riz, de pomme de terre et de noix de cajou au Mozambique. « Ces efforts ont permis de former des talents techniques locaux, d'améliorer la productivité et d'optimiser les structures de plantation », a-t-il souligné.

Selon Julius Ihonvbere, leader de la majorité à la Chambre des représentants du Nigeria, la décision de la Chine d'élargir l'accès de son marché à l'Afrique – notamment via un traitement zéro droit de douane couvrant 100 % des lignes tarifaires pour l'ensemble des 53 pays africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine – représente une approche véritablement « progressiste ».

Après une récente visite dans la province du Zhejiang – une plaque tournante de l'entrepreneuriat et des entreprises privées de l'est de la Chine – Julius Ihonvbere s'est dit frappé par l'ampleur et la vitalité des projets de coopération de la province avec les pays africains. Au Centre du commerce électronique mondial d'Yiwu, il a exploré les technologies de pointe, notamment la détection de l'Internet des objets, l'intelligence artificielle et les applications de mégadonnées.

Il s'est dit particulièrement impressionné par le modèle de développement chinois axé sur l'innovation. « Les produits d'IA que j'ai observés pourraient aider à résoudre bon nombre des problèmes auxquels nous sommes confrontés en Afrique », a-t-il noté.

Pour l'avenir, il a souligné l'importance des liens entre les peuples, déclarant qu'« il y a peu de pays aussi bons que la Chine en matière de coopération entre les peuples », ajoutant que 2026, qui sera l'Année des échanges entre les peuples Chine-Afrique, permettra d'approfondir davantage la compréhension mutuelle entre les deux parties.

Julius Ihonvbere s'est dit également profondément ému de voir autant d'étudiants africains aller étudier en Chine, où nombre d'entre eux poursuivent des études d'ingénierie, d'informatique et africaines grâce à des bourses du gouvernement chinois. Ces étudiants acquièrent une compréhension profonde des valeurs et de la culture chinoises, a-t-il indiqué, notant que certains parlent en outre couramment le mandarin. « Lorsqu'ils rentreront chez eux, ils deviendront des ponts vitaux reliant nos peuples et transportant cette amitié vers l'avenir », a-t-il conclu.

(Web editor: Huiyan Li, Yishuang Liu)