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Xizang : un garde forestier veille depuis 14 ans sur une montagne verdoyante sur le « toit du monde »

le Quotidien du Peuple en ligne 13.03.2026 15h56
Xizang : un garde forestier veille depuis 14 ans sur une montagne verdoyante sur le « toit du monde »
(Jiang Fan/Xinhua)

Tashi Chophel s'accroupit à côté d'un pin mince et haut, arrachant quelques mauvaises herbes. « C'est un jeune arbre de "troisième génération", il a trois ans », a-t-il expliqué.

Plantée dans le parc Nanshan à Lhassa, capitale de la région autonome du Xizang (sud-ouest de la Chine), la première génération d'arbres a mûri et a laissé tomber des graines, donnant naissance à une deuxième génération. « Maintenant, la deuxième génération en a produit une troisième », constate ce Tibétain âgé de 46 ans, ajoutant « Je prends soin de chaque arbre comme s'il s'agissait de mon propre enfant ».

Tashi Chophel travaille comme garde forestier au parc Nanshan depuis 14 ans et est responsable de la plantation, des patrouilles, de la prévention des incendies et de l'exécution d'autres tâches liées à la plantation et à l'entretien des arbres.

Perché à environ 3 700 mètres d'altitude, le parc Nanshan n'était naguère qu'une pente sablonneuse et aride. Depuis 2012, lorsque le projet de reboisement du parc Nanshan a démarré, Tashi Chophel a vu la montagne se transformer en un parc verdoyant qui attire désormais à la fois les résidents locaux et les touristes.

Pour autant, planter la première génération d'arbres n'a jamais été facile. « Au début, nous devions creuser des fosses dans la roche, amener de la terre de loin et canaliser l'eau de la rivière », se souvient Tashi Chophel. En outre, les pentes sont en moyenne de 60 degrés – trop raides pour rester en place sans glisser. Avant de planter, ils devaient remplacer le sol rocheux par de la terre fertile. Les trous ont dû être creusés plus profondément, avec des bassins réservés pour retenir l'eau.

Faire pousser un arbre nécessite 37 étapes, notamment la sélection des jeunes arbres, leur soulèvement, leur transport, le remplacement du sol, le remblayage et la fertilisation. Chaque étape demande soin et patience.

Pour prendre soin des arbres, Tashi Chophel consulte des experts et documente méticuleusement l'exposition au soleil sur chaque pente, tout en recherchant quelles espèces d'arbres prospèrent à différentes altitudes. Il lit également les « signes vitaux » des arbres : le jaunissement des feuilles signale la soif, tandis qu'une écorce anormale peut indiquer des parasites ou une maladie. En observant seulement une poignée de sol, il sait quels arbres y prospéreront, et en comptant les couches de branches, il peut estimer l'âge d'un arbre. « Mes collègues me qualifient d'"expert en arbres" », a-t-il déclaré.

Les chiffres montrent que le parc compte désormais plus d'un million d'arbres composés de plus de 100 espèces, couvrant une superficie de 235 hectares. Le nombre de visiteurs a atteint 590 000 l'année dernière.

Le parc Nanshan fait partie d'un projet de reboisement dans les montagnes au nord et au sud de Lhassa. Selon un livre blanc publié l'année dernière, le projet a permis de planter 705 333 hectares de forêts et d'en entretenir 255 333 autres.

De plus, l'effort de reboisement a réduit le nombre de jours de tempête de sable et a contribué à un air plus pur. Ainsi, depuis 2016, la proportion annuelle de jours avec une qualité de l'air excellente ou bonne au Xizang a atteint plus de 99 %.Lhassa se classant même au premier rang des 168 villes clés de Chine en 2024 en termes de qualité de l'air.

(Web editor: 实习生2, Yishuang Liu)