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Guizhou : le pont du Grand Canyon de Huajiang, un aimant pour les amateurs de sensations fortes

le Quotidien du Peuple en ligne 29.04.2026 14h27
Guizhou : le pont du Grand Canyon de Huajiang, un aimant pour les amateurs de sensations fortes
(Yang Wenbin/Xinhua)

Lorsqu'on se tient sur un pont à 625 mètres au-dessus du vide, flanqué de falaises karstiques abruptes et d'une rivière tumultueuse en contrebas, la dernière chose à laquelle on penserait serait de se jeter dans le vide.

Pourtant, dans la province du Guizhou (sud-ouest de la Chine), c'est précisément ce que font de nombreux visiteurs.

Sur le pont du Grand Canyon de Huajiang, les amateurs de sensations fortes font la queue pour le saut à l'élastique depuis un pont, le plus haut du monde, tandis que d'autres viennent simplement admirer le panorama, siroter un café au-dessus du canyon et découvrir l'un des sites touristiques les plus récents de Chine.

« Le saut à lui seul a suffi à chasser tous mes soucis », a déclaré Wang Dezhi, un visiteur qui venait de réaliser son saut lundi matin. Après avoir été remonté sur le pont, il a embrassé une médaille estampillée « 625 », un souvenir offert à ceux qui réussissent le saut.

Récemment classé parmi les 100 plus beaux endroits de 2026 par le magazine Time, le pont a été construit dans le cadre du réseau autoroutier local, mais est rapidement devenu une attraction à part entière. Les visiteurs peuvent emprunter un couloir menant à une salle d'observation vitrée située au milieu de l'ouvrage puis s'aventurer sur une passerelle sans rambarde pour une expérience encore plus vertigineuse. Les plus téméraires peuvent même s'essayer au saut à l'élastique ou au parachutisme.

« Dès que je saute, je me sens libre », a confié Julian Astor Asdurian Bidogia, passionné de sports extrêmes et l'un des premiers à avoir réalisé un saut en base jump depuis le pont lors du Tournoi international de sports extrêmes sur les hauts ponts de 2025, qui s'est tenu en septembre dans le Guizhou.

Depuis son ouverture, le site attire un public toujours plus nombreux. Selon les médias locaux, durant les neuf jours de vacances du Nouvel An chinois cette année, l'aire de service du pont a accueilli plus de 300 000 visiteurs et plus de 70 000 véhicules.

Pour beaucoup de voyageurs, cependant, l'attrait réside moins dans l'adrénaline que dans l'immensité du lieu.

La travée principale du pont, longue de 1 420 mètres, s'étend entre deux sommets montagneux, émergeant souvent de la brume qui plane sur les montagnes du Guizhou tel un dragon dans les nuages. Son tablier s'élève à la hauteur de deux tours Eiffel superposées, au-dessus de l'eau.

« C'est incroyable ! », s'est exclamé Daniel Dumbrill, youtubeur canadien en découvrant le pont dans son intégralité. « Je ne suis pas ingénieur, mais j'imagine que même pour les ingénieurs, c'est impressionnant ».

Il s'est rendu sur place en moto et a séjourné dans le village voisin de Huajiang, un village traditionnel de l'ethnie Buyi, tout près du pont. De sa chambre d'hôtes, il pouvait admirer le pont enjambant le canyon.

Avec l'afflux croissant de visiteurs, les communautés riveraines se transforment elles aussi. Des centaines de restaurants et de maisons d'hôtes ont ouvert leurs portes, et des jeunes qui étaient partis autrefois reviennent pour tenir des auberges, cuisiner des plats locaux et accueillir les voyageurs en quête d'une escapade rurale.

Pour d'autres, le pont offre une expérience plus paisible.

Le moyen le plus simple et le plus populaire d'y accéder est de venir en voiture. Les visiteurs peuvent s'arrêter à l'aire de service de Yundu, qui dispose d'une plateforme d'observation, avant d'emprunter un ascenseur panoramique pour accéder à l'intérieur du pont.

Au café situé près du milieu du pont, on déguste un café avec une vue imprenable, incomparable à celle des toits de la ville. « C’est la première fois que je suis à l’intérieur d’un pont, et c’est une expérience visuelle incomparable », a déclaré Asa Cheng, une visiteuse de 65 ans originaire de la Région administrative spéciale de Hong Kong, après s’être allongée sur le plancher de verre et avoir contemplé le fleuve et les villages en contrebas. « C’est un peu vertigineux, mais parfait pour moi ».

Pour Julian Astor Asdurian Bidogia, passionné de sports extrêmes, le pont est bien plus qu’un spectacle. « Quand je tombe, je ne fais plus qu’un avec la nature », a-t-il déclaré. « Quand je marche sur ce pont et que je saute, je participe au génie de l’ingénierie ».

Alors que le soleil se couche sur le canyon et que les visiteurs s’installent sur la plateforme vitrée avec des tasses de café, le pont devient bien plus qu’un simple passage. Dans le Guizhou, il est devenu une destination, une expérience et une nouvelle façon d’appréhender le paysage.

(Web editor: 实习生2, Yishuang Liu)