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Présidentielle au Sénégal: l'inflation des candidatures face à l'obstacle de la collecte des parrainages

Xinhua | 27.08.2018 08h44

Une trentaine de personnalités ont annoncé leur intention de se présenter à l'élection présidentielle de février 2019, mais certains d'eux ne passeront pas l'obstacle du parrainage pour la validation de leur candidature, estiment des observateurs politiques interrogés par Xinhua.

Parmi ces acteurs politiques, le maire de Dakar, Khalifa Ababacar Sall, condamné en mars dernier à cinq ans de prison pour escroquerie. Il a annoncé en juillet dernier sa candidature à la prochaine présidentielle.

Le président Macky Sall, à la tête du pays depuis 2012, n'a pas officiellement annoncé sa candidature même si plusieurs partis et mouvements de la mouvance présidentielle l'ont déjà choisi.

Analysant cette inflation de candidatures à six mois de la présidentielle, le journaliste Mame Less Camara explique qu'il y a une première catégorie de candidats constituée par d'anciens Premiers ministres et d'anciens ministres qui se comparent avec le président Sall et qui veulent courir leurs chances.

Selon lui, la deuxième catégorie comprend des acteurs politiques âgés de 60 ans et plus, ceux qui courent leur dernière chance. La troisième catégorie, ce sont les candidats habituels tels que l'ancien Premier ministre Idrissa Seck et l'ancien président du Sénat et de l'Assemblée nationale, Pape Diop, a soutenu Camara, enseignant à l'école de journalisme de l'Université de Dakar.

La dernière catégorie, a-t-il ajouté, est composée par "les débutants" qui considèrent cette présidentielle comme une occasion de se faire connaître des Sénégalais pour mieux se présenter au prochain scrutin.

"Il est clair que les candidats ne pourront pas tous passer l'obstacle de 65 000 signatures pour faire admettre leur participation à l'élection présidentielle", a-t-il estimé, en s'interrogeant "certaines candidatures ne sont-elles pas un échec programmé pour surmonter l'obstacle du parrainage ?".

Une révision du code électoral adoptée en avril impose désormais aux candidats à la prochaine présidentielle un parrainage représentant au minimum 0,8% et au maximum 1% du fichier électoral général.

Le parrainage auquel doit s'ajouter le versement d'une caution fixée à 39 millions de francs CFA, qui a été instauré pour lutter contre la pléthore de candidatures, voire de candidatures fantaisistes, selon les autorités.

D'après le journaliste, "les candidatures multiples sont une nuisance pour celui qui veut avoir la moitié des suffrages disponibles".

Pour sa part, l'enseignant-chercheur à l'Université de Saint-Louis (nord du Sénégal), Maurice Soudjeck Dione juge cette effervescence de l'espace politique "compréhensible".

Il estime toutefois qu'il y a "beaucoup d'incertitudes qui planent sur certaines candidatures de l'opposition", citant notamment celle du Parti démocratique sénégalais (PDS), dont le candidat Karim Wade, le fils de l'ancien président Abdoulaye Wade (2000-2012) est dans "une situation assez difficile" en raison de sa condamnation par la Cour de répression de l'enrichissement illicite (CREI).

A l'en croire, "la multiplication des candidats risquerait de poser des problèmes pour collecter et vérifier les signatures en un laps de temps très court, en plus des voies de recours".

"Tout cela crée une grande incertitude autour de l'élection présidentielle puisqu'il y a de la confusion sur les règles du jeu établies sans concertation avec les acteurs politiques", a-t-il avancé, en rappelant que la multiplication des listes lors des dernières élections législatives avait favorisé la mouvance présidentielle, avec le mode de scrutin majoritaire à un tour.

(Rédacteurs :Wei SHAN, Yishuang Liu)
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