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L'OMS continuera d'appuyer la RDC dans le riposte contre Ebola

Xinhua | 09.08.2019 11h07

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré en juillet dernier l'urgence de santé publique à portée internationale pour l'épidémie Ebola en République démocratique du Congo (RDC) qui a causé plus de 1800 morts depuis le 1er août 2018.

La communauté internationale continuera à mettre en œuvre des efforts pour aider à lutter contre Ebola, selon Dr Ali Ahmed Yahaya, gestionnaire du Programme sur la préparation des pays aux urgences sanitaires et règlement sanitaire international (RSI), qui a accordé l'interview exclusive à Xinhua dans le bureau régional pour l'Afrique de l'OMS.

Aucun traitement disponible n'a pour l'instant fait ses preuves contre la maladie à virus Ebola. Néanmoins, toute une gamme de traitements potentiels, y compris des produits sanguins, des thérapies immunitaires et des traitements médicamenteux sont en cours d'évaluation.

"Nous disposons de quatre médicaments qui sont actuellement utilisés dans les centres de traitement Ebola en RDC. En dehors de la prise en charge utilisant les médicaments au niveau de ces différents centres de santé, il y a des protocoles de prise en charge en tenant compte des traitements symptomatiques, par exemple la réhydratation et des soutiens psychologiques", a indiqué Dr Ali Ahmed.

Le gestionnaire du programme de l'OMS souligne que les patients suspects doivent se présenter aux services de soins le plus tôt possible, soit dans les 24 voire 48 heures. "Dès que ces patients présentent les symptômes de la maladie tels que la fatigue avec fièvre, les douleurs musculaires, les vomissements, les maux de tête où la diarrhée, ils doivent se rendre immédiatement au centre de santé".

Selon Dr Ali Ahmed, les vaccins en RDC sont utilisés gratuitement pour les populations, mais il n'est pas par ailleurs obligatoire. Ces vaccins utilisés ont une efficacité de 97,5%, ce qui est donc un taux d'efficacité très élevé.

Dans les zones touchées, l'OMS essaie de vacciner les contacts avec les patients et également le personnel de santé qui présente un haut risque d'être en contact avec les patients. "Dans les autres districts non affectés, nous encourageant également le personnel de santé qui peuvent prendre en charge des patients à se faire vacciner, y compris notamment le personnel de sante des pays voisins qui sont proches de l'épicentre de l'épidémie", a-t-il ajouté.

"Sur le terrain, nous avons des équipes capables de mettre en œuvre les différentes activités de la riposte. Malheureusement, on se trouve parfois dans des situations les plus difficiles. Par exemple le cas des contacts que nous sommes en train de suivre, certains peuvent quitter les lieux de suivi où ils devraient rester. Nous nous trouvons aussi dans des situations où des personnes refusent la vaccination. Ceux qui ne croient pas à la maladie peuvent pratiquer des activités à risque en allant toucher un patient dans une cérémonie religieuse. Il y a aussi le problème sécuritaire qui pose parfois des problèmes dans l'accès dans les différents services, y compris la mise en œuvre du vaccination de façon efficace. Tous ces facteurs peuvent contribuer à la propagation de l'épidémie", a expliqué le gestionnaire.

La dixième épidémie en RDC est la deuxième plus grave dans l'histoire, après celle en Afrique l'Ouest débutant en 2014. "L'OMS en collaboration avec les différentes parties prenantes a beaucoup appris et utilisé les leçons apprises et les expériences sur l'épidémie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest", a dit Dr Ali Ahmed.

"En matière de déploiement des experts, nous avions déployé plus de 700 experts internationaux sur le terrain et en matière de vaccination, le même vaccin utilisé en Guinée l'est également en RDC. Aujourd'hui, beaucoup d'experts venant de la Guinée et nantis d'une grande expérience contribuent de façon effective sur le terrain. Pour cela, l'Oms continue de faire de formation non seulement des personnels de la santé, mais aussi de la communauté", a-t-il dit.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté récemment un communiqué sur l'épidémie du virus Ebola en République démocratique du Congo (RDC), appelant à la cessation immédiate des hostilités par tous les groupes armés. Dans le communiqué, le Conseil de sécurité a souligné l'urgence de la réponse à Ebola, "car la maladie pourrait se propager rapidement, y compris dans les pays voisins, ce qui pourrait avoir de graves conséquences humanitaires et une incidence sur la stabilité régionale".

"Nous constatons une volonté manifeste des différentes parties prenantes pour pouvoir mettre en œuvre les interventions prioritaires afin de relever les défis et contrôler le plus tôt possible la maladie", a estimé le responsable onusien.

A en croire le docteur, depuis plus d'une année, l'OMS appuie les neuf pays avoisinant la RDC, pour la préparation à la maladie à virus Ebola à travers des stratégies qui mettent en œuvre, dans chaque pays, un plan en vue d'identifier leur capacité en utilisant des outils standards.

Cependant, L'OMS a encore besoin des ressources additionnels pour mieux appuyer les pays pour mettre entièrement les différentes actions prioritaires figurant dans leur plan respectif, selon Dr Ali Ahmed.

"Nous allons continuer d'appuyer la RDC dans son plan de préparation de riposte, en étroite collaboration avec les parties prenantes et continuons de faire le plaidoyer pour que les ressources soient disponibles non seulement en RDC où il y a la maladie mais également dans les neuf pays voisins, ce qui permet d'avoir des capacités de répondre à d'autres maladies à potentiel épidémique", a dit Dr Ali Ahmed.

(Rédacteurs :实习生2, Yishuang Liu)
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