Quelques jours après l'attaque terroriste qui a fait deux morts et quarante blessés parmi des civils sur la place Tian'anmen, le refus des Etats-Unis de qualifier celle-ci d'attentat terroriste montre clairement que le pays adopte un système de deux poids, deux mesures vis-à-vis du terrorisme.
Alors que le sujet a été soulevé à plusieurs reprises lors de récentes conférences de presse, et malgré la publication d'informations détaillées sur cette attaque par le gouvernement chinois, un porte-parole du Département d'Etat américain s'est borné à déclaré que son pays continuait à suivre de près la situation et à tenter de déterminer ce qui s'est passé sur place.
Une jeep avait percuté le 28 octobre la balustrade du pont Jinshui sur les douves de la Cité interdite. Les trois personnes à bord du véhicule étaient décédées après avoir mis le feu à de l'essence, selon la police chinoise.
L'incident avait également entraîné la mort d'une touriste philippine et d'un touriste de la province du Guangdong (sud).
De l'essence, deux couteaux, des barres en acier et un drapeau arborant des slogans religieux extrémistes ont été découverts à l'intérieur de la jeep. Cinq autres suspects ont été arrêtés après l'attaque et ont avoué être impliqués dans l'attentat. Toutes ces preuves montrent qu'il s'agissait d'une attaque terroriste soigneusement planifiée, organisée et préméditée.
Il est difficile de conclure que cet incident, qui visait sans discrimination des civils innocents sous le feu des projecteurs internationaux, était autre chose qu'une attaque terroriste. En net contraste avec les déclarations déconcertantes du Département d'Etat américain concernant cet acte, le président français François Hollande a pour sa part condamné l'attentat trois jours après le drame.
Lier cet incident aux affaires ethniques et religieuses ou l'utiliser comme prétexte pour critiquer les politiques intérieures de la Chine sans condamner l'attaque revient à tolérer le terrorisme, a dénoncé un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.
Rationaliser le terrorisme, c'est l'encourager. Les terroristes ont toujours été poussés par le désespoir et l'animosité, mais ces raisons ne sauraient excuser le recours délibéré à la violence contre des civils. De plus, un tel argument pourrait être appliqué pour justifier les actes de n'importe quel extrémiste violent dans le monde.
Ancré dans un concept de moralité absolue n'acceptant aucune excuse, rationalisation ou justification, le terrorisme ne connaît aucune limite, comme l'ont montré les événements récents, que ce soit la mort d'une Chinoise durant les attentats de Boston ou celle d'une Philippine mère de famille sur la place Tian'anmen.
Ce sont les tragédies comme celles-ci qui font de la lutte contre le terrorisme une priorité internationale. Le point de départ pour avoir une conversation sérieuse sur l'attaque de la place Tian'anmen est de reconnaître sa véritable nature, celle d'un acte de terrorisme.