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La famine a été évitée mais les souffrances continuent dans les quatre pays menacés, selon l'ONU

Xinhua | 15.10.2017 10h34

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a prévenu jeudi le Conseil de sécurité que si la communauté internationale a été en mesure d'éviter la famine dans quatre pays menacés, elle n'a pas mis fin aux souffrances de millions de personnes.

Le chef de l'ONU a rappelé qu'il y a neuf mois, quelque 20 millions de personnes étaient gravement menacées de famine au Soudan du Sud, en Somalie, au Yémen et dans le nord-est du Nigéria. Environ 100.000 personnes au Soudan du Sud étaient au bord de la famine.

M. Guterres avait alors exprimé sa grave préoccupation, demandant aux Etats membres une action urgente et un appui aux agences humanitaires et de développement. Il s'est rendu en mars dernier en Somalie où il a pu constater la nécessité d'une aide internationale massive pour éviter une famine.

Le secrétaire général a noté que la communauté internationale avait réagi rapidement et que près de 70% des fonds demandés ont été reçus. Les opérations humanitaires se sont renforcées et les agences et leurs partenaires aident désormais près 13 millions de personnes par mois.

"Alors que nous avons réussi à maintenir la famine à distance, ce n'est pas le cas pour les souffrances", a dit M. Guterres.

Au Soudan du Sud, quelque six millions de personnes sont en insécurité alimentaire grave, soit un million de plus qu'au début de l'année. "Tant que les conflits ne seront pas réglés et que le développement aura du mal à s'enraciner, des communautés et des régions entières continueront à être ravagées par la faim et les souffrances", s'est alarmé le secrétaire général.

Dans le nord-est du Nigéria, a-t-il poursuivi, ce sont quelque 8,5 millions de personnes qui ont besoin d'aide humanitaire, une aide dont l'acheminement est compromis par les attaques de Boko Haram, sans oublier les opérations des forces armées nigérianes.

En Somalie, plus de six millions de personnes dépendent de l'aide humanitaire pour leur survie, dans un environnement marqué par le conflit, l'insécurité. De grandes parties du sud et du centre de la Somalie vivent toujours sous les attaques constantes des Al-Chabaab et près de deux millions de personnes échappent à toute aide humanitaire.

Au Soudan du Sud, a-t-il encore indiqué, la famine a été évitée mais l'insécurité alimentaire a atteint un niveau sans précédent. Le gouvernement et l'opposition empêchent le travail humanitaire, y compris dans certaines parties des Etats de l'Equateur et du Nil supérieur et dans certaines zones du sud et de l'ouest de Wau.

Au Yémen, le Programme alimentaire mondial (PAM) et ses partenaires ont évité la famine, en aidant sept millions de personnes en août mais des millions d'autres continent à souffrir, dont les 700.000 qui sont dans les provinces de Sadaa, Hajjah, Hudaydah et Taëz, difficiles d'accès, à cause des obstacles bureaucratiques, des bombardements aériens et des affrontements au sol.

Les conflits et les violations du droit international, a souligné le secrétaire général, aggravent la vulnérabilité à toutes sortes de menaces, poussant les gens à fuir. Le PAM a calculé qu'1% de hausse de l'insécurité alimentaire égale 2% de hausse du nombre des réfugiés.

Comme toujours, la prévention doit être notre mot d'ordre, a conclu le secrétaire général, se félicitant que les mécanismes d'alerte rapide sur la famine aient très bien fonctionné pour le nord-est du Nigéria, le Yémen, la Somalie et le Soudan du Sud. L'aide humanitaire et le renforcement du droit international doivent s'accompagner, a-t-il plaidé, par des investissements dans la paix et dans les solutions à long terme.

(Rédacteurs :Guangqi CUI, Wei SHAN)
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