Connue comme l'un des « trois fours » de la Chine, la ville de Wuhan a attiré l'attention dans tout le pays pour ses efforts visant à faire baisser les températures et à combattre la pollution en se rapprochant de l'environnement.
Les urbanistes de la capitale de la Province du Hubei ont ainsi travaillé sur un plan destiné à orienter des flux d'air dans la ville par le biais de six corridors verts connectés à six lacs situés à proximité.
Ce projet a pour ambition de réduire la température d'au moins 1 degré dans les zones du centre-ville de la métropole durant l'été. Beaucoup d'autres villes chinoises en proie à des vagues de chaleur et de smog le suivent de près pour voir s'il peut être dupliqué chez elles.
« Les grandes villes comme Beijing sont de plus en plus fréquemment recouvertes par le smog, essentiellement en raison de problèmes d'air stagnant, et la construction de corridors verts permettant de laisser couler la brise à travers ces cités pourrait atténuer le problème », a déclaré Xu Hao, doyen du Collège des Ressources et des Sciences de l'Environnement à l'Université Agricole du Hebei.
Les responsables de la planification urbaine de Hangzhou, capitale de la Province du Zhejiang, et de Nanjing, capitale de la Province du Jiangsu, ont également lancé des études sur la création de ce genre de corridors afin d'atténuer la pollution de l'air.
Yu Zhuang, professeur à l'École d'Architecture et d'Urbanisme de l'Université des Sciences et Technologies Huazhong de Wuhan, estime que le modèle de Wuhan est une « réussite » en ce qui concerne le rafraichissement des températures et la lutte contre la pollution, mais il a ajouté que toutes les villes ne sont pas en mesure d'appliquer la même méthode.
« Wuhan est entourée de lacs, qui sont essentiels pour que le vent s'écoule de l'eau vers la terre, mais ce modèle ne pourrait pas être reproduit avec succès à Beijing, qui est entourée de montagnes sur trois côtés », a précisé M. Yu.
Pourtant, beaucoup de gens croient que, pour les villes situées le long du fleuve Yangtsé, Wuhan est un exemple.
Chongqing et Nanjing, toutes deux situées le long du Yangtsé, sont les deux autres « fours » de la Chine, avec des étés et chauds et humides.
Les corridors verts de Wuhan couvrent 2 390 kilomètres carrés, soit environ 27% de la superficie de son agglomération. La densité des constructions doit être inférieure à 10% dans les zones de couloir.
De même, selon le bureau municipal de planification et des ressources foncières, les bâtiments qui se trouvent dans les couloirs doivent également ne pas dépasser 10 mètres de haut et le taux de végétation doit s'y situer au-dessus de 50%.
Selon les autorités, les corridors abritent des rues, des espaces verts, des parcs et bâtiments, qui peuvent aussi répondre au développement économique urbain.
« De cette façon, l''effet d'îlot de chaleur' peut être atténué grâce à des températures rafraichissantes et davantage d'air frais contribuera à chasser la pollution », a déclaré Chen Zhixiong, ingénieur senior au Bureau de conception et de planification d'infrastructures dépendant de l'Institut de Planification et de Conception de Wuhan.
L'expression « effet d'îlot de chaleur urbain » se réfère à des températures plus élevées en centre ville par rapport aux zones suburbaines ou rurales.