Au Niger, l'année 2014 aura été marquée sur le plan sécuritaire par la montée de la menace terroriste face aux nombreuses attaques des groupes criminels dans les pays voisins qui ont souvent débordé sur le territoire national, faisant plusieurs victimes dans les Forces de Défense et de Sécurité et au sein de la population civile.
Les trois foyers de terroristes très actifs sur ses différentes frontières - au sud, Boko Harama du Nigéria, à l'ouest, bandits armés et djihadistes maliens, au nord groupes terroristes libyens - ont eu des impacts directs sur la sécurité du pays ainsi que sur sa situation économique et sociale, a reconnu le président nigérien Mahamadou Issoufou dans son message à l'occasion du nouvel an.
Pour faire face à la situation sécuritaire et garantir la paix et la sécurité du pays, le gouvernement nigérien s'est mobilisé, sur les fronts sécuritaire, diplomatique et humanitaire, tout au long de l'année 2014.
C'est ainsi qu'il a poursuivi la formation, l'entraînement, l' accroissement des effectifs et l'équipement des forces de défense et de sécurité dont il a renforcé la présence dans les régions du pays qui sont les plus exposées aux menaces.
Toutefois, en dépit des moyens colossaux mobilisés par le gouvernement, le Niger a été la cible de plusieurs attaques meurtrières perpétrées par ces forces terroristes, endeuillant plusieurs familles et sérieusement entamé la sécurité nationale.
Parmi les plus sanglantes, les attaques perpétrées simultanément, le 30 octobre dernier, par des hommes armés venus du nord Mali à bord de plusieurs motos, sur des Forces de Défense et de Sécurité à Banibangou, la prison civile de Ouallam, et le camp des réfugiés maliens à Mangaizé, non loin de la frontière malienne, tuant 5 policiers, 2 gendarmes et 2 gardes nationaux.
Trois semaines auparavent, neuf autres militaires du contingent nigérien en mission dans le nord malien dans le cadre de Mission intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), ont perdu la vie, le 3 octobre, tués dans une embuscade, dans le septentrion malien, tendue par des éléments du groupe terroriste malien, le Mouvement pour l'Unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO).
Au sud, c'est un violent accrochage qui opposait, le 7 mai dernier, un groupe de la secte islamiste Boko Haram du Nigéria, lourdement armé, à un détachement des Forces armées nigériennes, dans la région de Diffa (frontalière du Nigéria), faisant deux morts du coté des assaillants.
Pire, ce groupe armé, qui sévit depuis 2009 dans le nord du Nigéria à travers des attaques meurtrières, a fait des milliers de victimes et poussé des dizaines de milliers de populations à l' exode notamment au Niger, créant une situation sécuritaire et humanitaire préoccupante dans sa partie est, à Diffa (proche de la frontière avec le Nigéria).
En effet, la prise récente des localités nigérianes proches de la frontière nigérienne dont celle de Damasak qui a provoqué un déferlement d'au moins 115.000 réfugiées nigérians dans la région de Diffa, et surtout la situation humanitaire critique dans la localité de Gagamari qui a reçu, en une seule semaine, quelque 17. 000 réfugiés, soit 5 fois la population locale, inquiètent vivement les autorités nigériennes.
Le gouvernement a élaboré un plan d'urgence évalué à près de 20 milliards de F CFA (environ 40 millions USD) pour les trois mois à venir, et fait appel à la solidarité internationale pour faire face à la situation.
Sur le plan sécuritaire, le Niger a pris d'importantes mesures tout le long de sa frontière avec notamment la mobilisation de plus de 3.000 militaires, selon le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, M. Hassoumi Massaoudou, interpelé sur la question par les députés nationaux.
En outre, toujours devant la menace de plus en plus grande de Boko-haram, le Niger a organisé, le 7 octobre à Niamey, un sommet des chefs d'Etat du bassin du Lac Tchad et du Benin qui a décidé de la mise en place d'une force multinationale dans la zone.
Le Niger partage une frontière longue de plus de 1.500 km avec le Nigéria. Par ailleurs, le gouvernement a renforcé sa coopération sécuritaire avec les pays amis, notamment avec les Etats-Unis et la France avec laquelle les autorités de Niamey travaillent dans le cadre de l'opération Barkhane en vue de lutter contre le terrorisme dans l'espace sahélo-saharien.
Le Niger a été également très actif dans la mise en place du G5- Sahel, regroupant également le Burkina-Faso, le Mali, la Mauritanie et le Tchad. Ce groupe se fixe pour objectifs la restauration de la sécurité, la promotion de la bonne gouvernance, le renforcement de la résilience des populations et le développement des infrastructures.
Pour contribuer à la restauration de la paix et de la sécurité en Libye, les autorités de Niamey, ont participé à toutes les réunions consacrées à la situation dans ce pays voisin, notamment celles organisées par les pays frontaliers.
Le président prévient que son gouvernement ne baissera pas la garde en 2015. "Il continuera en particulier à soutenir l'effort budgétaire, en cours depuis 2012, en faveur des forces de défense et de sécurité. Il continuera aussi à mettre notre diplomatie au service de la paix et de la sécurité", a-t-il rassuré.
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