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Le débat fait rage sur la proposition de supprimer l'anglais des écoles primaires et secondaires

le Quotidien du Peuple en ligne | 10.03.2021 14h02

La proposition d'un conseiller politique national de supprimer l'anglais comme matière principale pour les élèves chinois des écoles primaires et secondaires a déclenché des discussions animées parmi les experts et les internautes.

Dans une proposition aux Deux sessions en cours -les réunions annuelles de la législature suprême et du plus haut organe consultatif politique supérieur du pays- Xu Jin, membre du Comité national de la Conférence consultative politique du Peuple chinois et également membre du Comité central de la Jiu San Society, l'un des huit partis politiques non communistes de Chine, a déclaré que l'anglais ne devrait pas être une matière de base comme le chinois et les mathématiques et que davantage d'heures de cours devraient être accordées pour améliorer les compétences des étudiants en éducation physique, en musique et en art.

Il estime également que l'anglais et les autres langues étrangères ne devraient pas non plus être inclus comme matières obligatoires pour l'examen national d'entrée à l'université, soulignant que, alors que l'anglais occupe environ 10% des heures de cours, moins de 10% des diplômés universitaires utilisent cette langue au travail, et que, de plus, les appareils de traduction intelligents peuvent offrir des services de traduction sophistiqués et qu'à l'ère de l'intelligence artificielle, les traducteurs figureront parmi les 10 principales professions qui disparaîtront.

Sa proposition a déclenché une discussion animée sur les plates-formes de réseaux sociaux et le hashtag « supprimer l'anglais comme matière principale pour les élèves du primaire et du secondaire » avait été lu 120 millions de fois à la date du 7 mars sur Sina Weibo, une plate-forme de micro-blogging.

Certains internautes ont soutenu sa proposition et ont déclaré qu'ils avaient perdu trop de temps à étudier l'anglais à l'école et ne l'utilisaient pas dans leur vie quotidienne. D'autres pensent en revanche que l'idée n'est pas conforme à la recherche d'une plus grande ouverture du pays et ne sera probablement pas adoptée par les autorités.

Selon un sondage en ligne du China Youth Daily, plus de 110 000 personnes interrogées se sont opposées à la proposition et ont même au contraire déclaré que l'anglais devrait être enseigné tôt dans les écoles pour permettre à la Chine de rivaliser avec d'autres pays. Cependant, environ 100 000 personnes ont soutenu la proposition, estimant qu'il serait préférable de passer plus de temps à apprendre la langue et la culture chinoises.

Zhang Lianzhong, professeur à l'Université des études étrangères de Beijing, a de son côté souligné dans une interview accordée au Beijing News que le ministère de l'Éducation avait fait de l'anglais un cours obligatoire à partir de la troisième année en 2001, ajoutant que cette décision s'est avérée judicieuse, car des centaines de millions d'étudiants chinois ont élargi leurs horizons et amélioré leur conscience culturelle et leur capacité de réflexion critique grâce à l'apprentissage de la langue.

Pour Xiong Bingqi, directeur adjoint de l'Institut de recherche sur l'éducation du 21e siècle à Beijing, la clé est de réformer le système éducatif chinois axé sur les examens afin que l'enseignement de l'anglais se concentre sur l'amélioration des compétences linguistiques des étudiants, et non sur la capacité de passer des examens. La suppression de l'anglais comme matière principale ne fera qu'entraîner de plus grands déséquilibres entre les étudiants urbains et ruraux en matière de maîtrise de l'anglais, car les étudiants urbains recourront plus probablement à une formation post-scolaire coûteuse pour apprendre la langue, a-t-il noté.

(Rédacteurs :孙晨晨, Yishuang Liu)
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