Le gouvernement ivoirien a lancé une "offensive" contre les mutilations génitales féminines qui ont cours dans le pays, a constaté lundi Xinhua.
Une délégation officielle a entrepris une tournée dans l'ouest du pays en vue de combattre de façon énergique le fléau.
Selon le chef de la délégation Marcellin Dibahi, la région de l'ouest devra constituer un "laboratoire" pour le gouvernement ivoirien en vue de l'éradication des violences sexuelles.
"Dans le cadre du suivi du projet de restauration des droits des femmes victimes des violences sexuelles, nous aspirons à leur autonomisation", a expliqué M. Dibahi.
Pour la directrice de l'égalité et de la promotion du genre au ministère de la Solidarité Yaya Fanta Kaba, il urge de mener des actions concrètes afin de réduire de façon drastique ces " pratiques néfastes".
"Il est impérieux pour nous d'agir. La lutte contre Mutilations génitales féminines est aujourd'hui une question d'honneur pour la République", a indiqué Mme Kaba.
L'offensive qui s'étendra de manière progressive à tout le territoire devra allier sensibilisation et répression.
Les autorités judiciaires se sont dites déterminées à mener la guerre aux mutilations génitales féminines qui se poursuivent dans le pays en dépit des campagnes de sensibilisations corsées.
Au moins 10 femmes et deux hommes ont été déjà condamnés par la justice à Katiola (nord) et à Danané (ouest) à plusieurs mois de prison pour l'excision d'une trentaine de fillettes.
Plusieurs organisations dont l'Opération des Nations-Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) et l'association des femmes juristes de Côte d'Ivoire (AFJCI) s'étaient réjouies de ces condamnations qui, selon elles, vont permettre de réduire le phénomène.
La pratique de l'excision perdure en Côte d'Ivoire, où elle touche environ 36% des femmes selon une enquête nationale de 2006 et 42% selon l'étude d'une ONG.
Elle est particulièrement courante au sein de certaines communautés dans le nord et l'ouest du pays (70%) dont certains membres évoquent la pérennisation d'une pratique rituelle ancestrale.
Une fillette de trois ans est morte fin 2011 des suites de ses blessures liées à cette "pratique néfaste" à Dabakala (nord).