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Tchad : les retournés de la Centrafrique manquent d'abris décents (PAPIER GENERAL)

( Xinhua )

16.04.2014 à 13h46

Au moins 50.000 migrants tchadiens, réfugiés et ressortissants de pays tiers, ayant fui les violences en Centrafrique pour se retrouver au sud du Tchad, vivent dans des abris de fortune.

A l'approche des pluies, le gouvernement tchadien et ses partenaires humanitaires s'efforcent de leur trouver des abris décents.

"Nous sommes à l'approche de la saison des pluies. Je viens de rentrer d'une tournée dans la zone méridionale et nous avons essayé de mesurer le sort des rapatriés de Sido et Doyaba, où la situation est assez alarmante du point de vue abris", déclare Mme Mbaiwong Djibergui Amane Rosine, ministre tchadien de l'Action sociale, de la Solidarité nationale et de la Famille.

"Malgré les efforts que nous avons consentis, le nombre de personnes ne fait qu'augmenter. Nous ne nous sommes peut-être pas bien préparés à accueillir ce grand nombre; mais aujourd'hui, tout calcul fait, nous avons dépassé les 90.000 personnes et il y en a au moins 50.000 personnes qui sont sans abris, entassés dans des abris de fortune. Nous sommes en train de nous démener pour trouver des sites appropriés", ajoute-t-elle.

Depuis l'arrêt des évacuations aériennes et terrestres par le gouvernement tchadien et l'Organisation Internationale des Migrations (OIM), à la mi-février 2014, les arrivées de migrants tchadiens, réfugiés centrafricains et ressortissants des pays tiers de la RCA ont baissé de rythme au niveau des points d'entrée du sud du pays.

Au 30 mars 2014, l'OIM a enregistré 92.382 personnes (migrants tchadiens, réfugiés et ressortissants de pays tiers) à N'Djamena et dans six sites de transit dans le sud du pays. Les arrivées continuent au sud alors que les capacités d'accueil sont limitées dans ces centres.

Selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), quelques 12.000 autres Centrafricains ont traversé la frontière pour se réfugier au Tchad depuis décembre 2013, portant à 90.052 le nombre total des réfugiés centrafricains vivant au Tchad.

Les femmes constituaient la grande majorité des arrivées au début des évacuations avant d'être progressivement rejointes par les hommes. Actuellement, elles représentent 51% et 49% pour les hommes. Les retournés comptent pour 63% de l'effectif total alors que les réfugiés sont 36% et les ressortissants des pays tiers seulement 1%, selon l'OIM. Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a enregistré 1.062 mineurs non accompagnés ou séparés parmi ces personnes.

A N'Djaména, la capitale, le gouvernement du Tchad a fermé les six centres de transit, permettant aux retournés soit de regagner leurs zones d'origine, soit d'intégrer le centre de transit de Zafaye à la sortie nord-est de la capitale. Deux autres centres de transit de N'Djamena demeurent opérationnels.

Le site de Zafaye, construit pour relocaliser les 2.000 rapatriés arrivés par voie aérienne mais n'ayant aucune attache au pays, contient des infrastructures acceptables: des tentes en bois et bâches, une dizaine de forages d'eau, des toilettes et même une mosquée.

Pour mieux répondre aux besoins des ses compatriotes arrivés dans le sud du pays, le gouvernement tchadien a identifié et attribué deux nouveaux sites pour désengorger les six sites de Doyaba, Sido, Doba, Mbitoye, Goré et Moundou où plus de 57.000 personnes attendent d'être relocalisés, selon des agencies onusiennes. La gestion de ces sites a été confiée à trois ONG locales, notamment la Croix Rouge du Tchad (CRT).

Un troisième site est en prospection pour accueillir ces personnes. La durée maximale du séjour dans les centres de transit est passée de dix jours à un an, pour permettre aux retournés tchadiens dont la plupart ont perdu les liens familiaux, de mieux préparer le retour dans leurs localités d'origine. Le gouvernement du Tchad a désigné deux ONG nationales et la Croix Rouge du Tchad (CRT) pour gérer ces sites. Le protocole d'accord avec les ONG a été signé le 28 mars 2014.

Les sites identifiés par le gouvernement attendent la mise en place des abris pour accueillir les retournés. Dans l'urgence, le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) vient d'acheminer, au niveau des sites, plus de 10.000 "plastic sheeting" additionnels pour la construction d'abris temporaires. Depuis le début de la crise, plus de 1.700 abris temporaires ont été installés par l'agence onusienne au niveau des différents sites.

Médecins Sans Frontières (MSF) a également distribué des bâches plastiques sur les sites de Sido et Mbitoye. L'opération en cours sur Goré avec le nouveau camp.

Les défis sont également alimentaires et sanitaires. Selon le PAM, environ 150.000 personnes (rapatriés, réfugiés nouvellement arrivés et communautés d'accueil) ont besoin d'assistance alimentaire au cours des six premiers mois de l'année; ce qui nécessite 12,2 millions USD.

En matière de santé, malgré la tenue d'une campagne de masse de vaccination contre la rougeole dans 15 districts (ayant permis d'atteindre 700.000 enfants dont 15.000 au niveau des sites), 13 districts additionnels ont reporté de nouveaux cas de rougeole au Tchad.

Le gouvernement continue l'élaboration du plan de réponse étatique avec l'appui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). L'équipe chargée de l'élaboration de ce plan devrait se rendre sur le terrain en avril pour récolter les informations nécessaires. Le gouvernement entend utiliser cet exercice comme base pour les contingences futures. Le plan d'actions d'urgence du gouvernement pourrait être disponible en mai prochain.

"Tout le monde nous attend. Peut-être que la phase accueil s'est déjà bien faite, mais la réinsertion reste entière", conclut Mme Mbaiwong Djibergui Rosine.

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