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Mer de Chine méridionale : des observateurs africains contestent la sentence arbitrale

Xinhua | 13.07.2016 16h37

La Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La Haye a annoncé mardi sa décision sur le litige en mer de Chine méridionale, une décision qualifiée par de nombreux observateurs africains d'unilatérale et de biaisée et qui ne fait qu'alimenter les tensions et sert avant tout les intérêts des Etats-Unis.

UNE PROCEDURE CONTESTABLE D'UN POINT DE VUE LEGAL

Pour Fatiha Sahli, professeur de droit international à l'université Cadi Ayyad de Marrakech, au Maroc, l'instance juridique de La Haye a largement outrepassé ses compétences.

Personne ne peut contraindre un Etat de se présenter devant une juridiction internationale d'arbitrage sans son consentement, a souligné le professeur Raniriharinosy Harimanana, expert malgache en science politique.

Pour régler ce différend, toutes les parties concernées doivent d'abord explorer toutes les voies pacifiques de négociations et de dialogue possibles avant de recourir d'un commun accord à l'arbitrage d'une juridiction, a pour sa part indiqué Nicolas Dossa, enseignant chercheur en relations internationales dans une université privée de Cotonou, au Bénin.

Le Dr Bukhari Al-Ja'li, professeur de droit international dans une université soudanaise, a quant à lui indiqué que la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) ne pouvait être légalement appliquée au différend en mer de Chine méridionale.

"Rien n'est contraignant pour la Chine, pas même la comparution devant la Cour permanente d'arbitrage. Il est donc naturel que la Chine ne soit pas contrainte par le jugement que la Cour a prononcé", a-t-il indiqué.

UNE SENTENCE QUI COMPLIQUE LA SITUATION REGIONALE

Selon des experts, la sentence arbitrale ne fera que compliquer la situation en mer de Chine méridionale.

La Chine et les dix Etats membres de l'Association des nations d'Asie de sud-est (ASEAN) ont signé en 2002 une importante Déclaration sur la conduite des parties en mer de Chine méridionale (DOC) en vue d'apaiser les tensions et de résoudre le conflit à travers le dialogue et la négociation, a rappelé Yao Bloua Agbo, ancien ambassadeur du Togo en Chine.

Malgré la DOC, les Philippines ont quelques années plus tard demandé un arbitrage auprès de la CPA, a-t-il regretté.

"Le tribunal arbitral de La Haye crée le chaos au lieu de résoudre les conflits et il est évident que la décision qu'elle a rendue mardi est le résultat des pressions politiques américaines", a déclaré à Xinhua le Dr Farouq Mohamed Adam, professeur soudanais de droit international.

Nizar Makni, un spécialiste tunisien de politique internationale, a quant à lui souligné que cette décision de La Haye pourrait être lourde de conséquences pour les relations entre la Chine et les Philippines, et plus nettement entre Beijing et Washington étant donné que les Etats-Unis soutiennent Manille.

UNE SENTENCE QUI SERT LES INTERETS DES ETATS-UNIS

Des spécialistes regrettent que la CPA ait été utilisée à des fins politiques plutôt que juridiques.

Suivant de près les dernières évolutions sur ce dossier, Nizar Makni estime que les Etats-Unis ont tout intérêt à soutenir les Philippines, car Washington voudrait mettre la main sur cette zone stratégique riche en ressources naturelles et à travers laquelle transite pas moins de 30% du commerce maritime mondial.

"Il s'agit d'une tentative de légitimer un droit de mainmise territoriale sur cette mer", a-t-il souligné.

En outre, l'expert tunisien a évoqué la présence de navires militaires américains dans cette zone qui, selon lui, ne font que jeter de l'huile sur le feu. Si ces provocations américaines persistent, la situation pourrait bien devenir relativement dangereuse, et des affrontements terrestres ou aériens pourraient avoir lieu, a-t-il estimé.

(Rédacteurs :Yishuang Liu, Guangqi CUI)
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