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La défense chinoise du multilatéralisme résonne lors du débat de l'Assemblée générale de l'ONU

Xinhua | 02.10.2018 09h57

Le conseiller d'Etat chinois et ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a apporté un soutien ferme au multilatéralisme lors du débat général de l'Assemblée générale des Nations Unies, suscitant un retour positif parmi les dirigeants de la planète.

PROTEGER LE MULTILATERALISME

Le chef de la diplomatie chinoise a consacré une grande partie de son discours à la question du multilatéralisme, sur lequel l'ONU s'appuie, mais qui fait face, plus que jamais, à des défis.

"Ce que nous constatons aujourd'hui, c'est que les règles internationales et les mécanismes multilatéraux sont attaqués et que le paysage international est empli d'incertitudes et de facteurs déstabilisants", a noté M. Wang.

"La réponse de la Chine est claire. Depuis le début, elle a soutenu l'ordre international et a défendu le multilatéralisme", a-t-il ajouté.

L'attaque contre le multilatéralisme s'est surtout manifestée mardi dans le discours du président américain Donald Trump lors de ce même débat général.

Dénonçant le mondialisme devant les dirigeants de la planète, M. Trump a proclamé que le peuple américain "rejette l'idéologie du mondialisme" pour défendre son programme "Les Etats-Unis d'abord".

La défense du multilatéralisme a été l'un des messages que le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a lui-même adressé lors de son allocution prononcée pendant le débat général.

"Le multilatéralisme est sous le feu des critiques précisément au moment où nous en avons le plus besoin", a-t-il déclaré, ajoutant qu'à mesure que les problèmes du monde se développaient, il constituait la meilleure voie à suivre pour relever les défis qui nous attendent.

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, a dressé vendredi une liste des crises dans le monde, indiquant que "la crise du multilatéralisme" en était à la racine.

"Le multilatéralisme et la souveraineté ne sont pas contradictoires en eux-mêmes", a-t-il lancé, réfutant clairement les remarques de M. Trump qui défendait la souveraineté américaine et rejetait "la gouvernance, le contrôle et la domination mondiaux".

Le président français Emmanuel Macron a appelé, dans son discours, au "dialogue et au multilatéralisme" pour résoudre les crises du monde.

Le président finlandais Sauli Niinistö a également défendu le multilatéralisme, soulignant qu'on "ne peut plus tenir cet ordre fondé sur des règles pour acquis. Il est de notre responsabilité commune de le défendre et de le développer activement".

Qualifiant l'ONU de "coeur" du système multilatéral, il a indiqué que "la défense du multilatéralisme doit commencer ici".

Russie, Afrique du Sud, Brésil... La liste des défenseurs est longue. La défense du multilatéralisme devant ces attaques a été soulignée par la plupart des dirigeants qui ont pris la parole sur le podium de marbre.

Dans son discours de vendredi, M. Wang a rappelé que l'ordre international contemporain, qui a débuté avec la fondation des Nations Unies, était basé sur les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies et qu'il était renforcé par la vision et la pratique du multilatéralisme.

Cet ordre a, au cours de ces quelque 70 dernières années, engendré une paix globale et un développement rapide, a-t-il ajouté.

Pour préserver le multilatéralisme dans la nouvelle ère, Wang Yi a suggéré que des efforts soient faits pour adhérer aux principes suivants : poursuite de la coopération gagnant-gagnant, application des règles et de l'ordre, défense de l'équité et de la justice et obtention de résultats concrets.

Lors de sa rencontre avec M. Wang jeudi, M. Guterres a exprimé son appréciation pour le soutien de la Chine aux Nations Unies et à la sauvegarde du multilatéralisme.

LIES PAR LA COOPERATION

Il y a trois ans, le président chinois Xi Jinping a prononcé un discours sur le même podium alors que l'ONU célébrait le 70e anniversaire de sa fondation.

S'agissant des relations internationales, M. Xi a proposé de bâtir un nouveau type de relations internationales caractérisées par une coopération mutuellement bénéfique et de créer une communauté de destin pour l'humanité.

La Chine "a joint le geste à la parole", comme l'ont montré les propos de M. Wang et les préoccupations qu'il a soulevées dans son discours, ainsi que lors de réunions bilatérales et multilatérales.

Par exemple, lors du débat général, le ministre chinois a estimé que l'Initiative "la Ceinture et la Route" (ICR), proposée par le président Xi en 2013, était un "bien public" que la Chine offrait au monde.

Dans une interview accordée à Xinhua en mai dernier, Jeffrey Sachs, économiste à l'Université de Columbia, a considéré cette initiative comme "la plus grande vision infrastructurelle du monde".

En effet, en date de septembre de cette année, plus de 130 pays et organisations internationales ont signé avec la Chine des accords de coopération dans le cadre de l'ICR, ce qui en fait la plus grande plateforme de coopération internationale, selon M. Wang.

Lors d'une exposition photo sur les efforts de la Chine en matière de développement durable, ouverte jeudi, la présidente de l'Assemblée générale des Nations Unies, Maria Fernanda Espinosa Garcés, et la vice-secrétaire générale de l'ONU, Amina J. Mohammed, ont déclaré que la Chine a contribué à faire progresser la coopération aux niveaux régional et mondial via l'ICR.

Le développement partagé a également été mis en évidence dans le discours de M. Wang.

La voie de développement de la Chine a offert au monde des opportunités de développement commun, a-t-il déclaré.

Au cours des quatre dernières décennies, a-t-il noté, le commerce extérieur de la Chine a enregistré une croissance annuelle moyenne de 14,5%, donnant un élan durable à l'économie mondiale et un énorme marché chinois.

"Le développement de la Chine crée plus d'opportunités commerciales pour le monde et offre un meilleur environnement d'investissement pour les autres pays", a-t-il précisé.

Par ailleurs, représentant le plus grand pays en développement du monde, Wang Yi a promis une solidarité et une coopération "inébranlables" avec les autres pays en développement.

Selon lui, un tel choix est décidé par le statut national de la Chine, ses caractéristiques institutionnelles et l'orientation de ses valeurs, qui seront inébranlables quels que soient le développement de la Chine ou les évolutions internationales.

A cet égard, lors de l'exposition photo de jeudi, Mmes Espinosa Garcés et Mohammed ont souligné la contribution de la Chine à la coopération Sud-Sud ainsi que son rôle clé dans l'amélioration de la gouvernance mondiale.

(Rédacteurs :Wei SHAN, Yishuang Liu)
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