L'Asie retient son souffle, alors que les relations tendues entre la Chine et le Japon pourraient possiblement voir des signes de réconciliation dans le cadre de la réunion informelle des dirigeants de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC).
Le Premier ministre japonais Shinzo Abe n'a épargné aucun effort, du moins selon ses plus récentes annonces, pour tenter de rencontrer le président chinois Xi Jinping lors de cet événement multilatéral.
Son souhait sera exaucé puisque Beijing, l'organisateur du forum de l'APEC, recevra sans aucun doute le dirigeant japonais selon les règles d'étiquette, malgré ses conflits territoriaux et historiques chroniques avec Tokyo.
Cependant, cela ne signifie pas nécessairement que les pourparlers formels que M. Abe cherche à avoir avec M. Xi lors de l'APEC auront lieu, car cela requérera la bonne foi de M. Abe, qui devra prendre des actions concrètes pour créer une atmosphère adéquate.
Malheureusement, même à l'approche de la rencontre trans-Pacifique, le Japon n'a pris aucune mesure significative pour apaiser les relations bilatérales, constamment compromises par les tentatives japonaises de se blanchir de ses atrocités commises en temps de guerre.
Tokyo a plutôt lancé une série de provocations en octobre, alors que trois femmes ministres et 110 députés ont visité le sanctuaire de Yasukuni, qui honore 14 criminels de guerre de classe A.
M. Abe a pour sa part fait une offrande au sanctuaire en tant que Premier ministre, et le secrétaire général du gouvernement Yoshihide Suga a nié publiquement que la nation avait recruté plus de 200.000 esclaves sexuelles dans d'autres pays asiatiques lors de la Seconde Guerre mondiale.
La Chine et la Corée du Sud, qui ont subi d'énormes pertes civiles et économiques lors de l'invasion japonaise, ont également été alarmées par les dangereux efforts déployés par M. Abe pour augmenter ses forces militaires, lever les restrictions sur les combats outre-mer et réinterpréter la Constitution pacifiste.
Bref, les appels au dialogue et à la réconciliation avec ses voisins ne semblent être rien de plus qu'une manœuvre politique maladroite de la part du pays insulaire, qui s'en tient à son parcours fanatique favorisant les conflits et la méfiance.
Malgré tout, ce différend ne répond aux intérêts d'aucun des deux côtés, et un rapprochement se fait attendre. Il serait donc fort regrettable que M. Abe rate l'occasion alléchante que présente le rassemblement de l'APEC pour améliorer les relations Chine-Japon.
Toutes ces conséquences devraient être considérées dans la prochaine manœuvre de l'administration Abe concernant l'identification des crimes de guerre.
Après tout, l'amélioration des relations entre la Chine et le Japon, deux acteurs principaux dans la région et dans le monde, dépend en grande partie de l'initiative du Japon et d'actions destinées à créer l'atmosphère propice à la rencontre entre les deux dirigeants.
Sans efforts convaincants de M. Abe, Tokyo n'aura fait que gaspiller son souffle à revendiquer un sommet Chine-Japon.