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Chine: la jeune génération de maîtres de thé s'engage pour la promotion de l'art du thé

Xinhua | 06.06.2018 08h26

Un groupe de maîtres de thé nés dans les années 1990 a attiré l'attention du public lors de deux concours qui se sont déroulés à l'occasion de la China International Tea Expo (Nanchang) dans la province chinoise du Jiangxi (est).

Dai Haiqing a participé au concours de thé fabriqué à la main dans le district de Fuliang et a présenté l'étape cruciale de la fixation du thé lors du concours d'art du thé dans le district de Wuyuan fin mai. Cela consiste, peu de temps après la cueillette à stopper, en les chauffant, l'oxydation des feuilles.

Le jeune homme âgé de 22 ans, né dans une famille de cultivateurs de thé dans le district de Wuyuan et diplômé de l'école du Thé de Wuyuan, travaille actuellement comme maître de thé pour une entreprise locale de thé créée en 2017.

"Quand j'avais 7 ou 8 ans, j'aidais mes parents à cueillir les feuilles de thé pour gagner un peu d'argent de poche. Quand j'étais collégien, je rentrais chez moi le week-end pour aider à la fixation des feuilles de thé". Il s'est ensuite inscrit à l'école du thé de son district où il a appris à cultiver, fabriquer et contrôler le thé.

Dai Haiqing est fier du thé de son pays natal. "Wuyuan dispose de l'environnement et du climat idéal pour la culture du thé. J'ai envie de préserver les techniques de fabrication traditionnelles et de promouvoir nos thés locaux dans le pays", explique-t-il.

"Plus j'en sais sur les techniques traditionnelles, plus je les apprécie", ajoute Huang Yanmei, une concurrente de 21 ans, venue de l'université d'Agriculture du Hunan. Traditionnellement, les feuilles fraîches sont retournées à la main de façon régulière dans un wok profond. Ce processus permet de sécher les feuilles tout en préservant leur parfum. Huang Yanmei a observé avec surprise que cette étape de la fixation des feuilles de thé diffère non seulement d'une région à l'autre, mais aussi d'une personne à l'autre. Même dans son groupe, il y a des nuances dans les façons de faire.

"Faire un thé de bonne qualité me procure un sentiment d'accomplissement qui me fait oublier les souffrances rencontrées au cours de la fabrication comme, par exemple, lorsqu'on se brûle avec le wok", souligne Huang Yanmei.

Pour Wang Chuangchuang, un étudiant de 18 ans qui apprend la fabrication du thé à Chongqing, le métier exige du travail assidu et de la patience. "Au début, j'avais du mal à maîtriser la fixation du thé. Mon professeur m'a demandé d'être patient et de ne pas avoir peur de l'échec parce que c'est normal, pour les débutants, de faire des erreurs". Il a passé des jours et des nuits à pratiquer. Au bout de six mois, il est arrivé à sécher les feuilles de thé sans les détruire. "Depuis, j'ai trouvé ma voie", confie-t-il. "Je voudrais travailler dans une entreprise quelques années pour gagner de l'argent, et puis je lancerai ma propre affaire."

Une autre étudiante de l'école du Thé de Wuyuan, Li Hongyu, a choisi l'art du thé chinois comme spécialité. Elle est née à Qufu, au Shandong. Dès qu'elle a vu les informations sur cette école sur Internet, après le bac, cela l'a intéressée. Elle a su alors que ce choix allait changer sa vie. "Au début, mes parents n'étaient pas d'accord car ils pensaient qu'il était ridicule pour une jeune fille d'aller si loin pour étudier une spécialité peu connue. Mais je pensais que maître de thé était un métier idéal pour une fille comme moi et je suis finalement parvenue à les convaincre."

Elle aime l'atmosphère de son école, surtout le week-end, quand des groupes d'étudiants se réunissent sur l'herbe pour préparer et boire du thé, bavarder et passer des moments ensemble.

Li Hongyu envisage de travailler à Jiangxi quelques années avant de rentrer à Qufu pour ouvrir son propre salon de thé ou proposer des formations sur la cérémonie du thé. "Comme Qufu est profondément influencée par le confucianisme, la culture traditionnelle du thé sera reconnue", assure-t-elle.

De plus en plus de jeunes Chinois comme Li Hongyu se sont engagés dans la préservation et la promotion de l'art traditionnel du thé chinois, et ils ont leurs propres opinions sur cet art à notre époque. "L'art du thé peut satisfaire tous les goûts. Le thé est à la fois l'une des sept nécessités quotidiennes des lettrés chinois (avec la musique, les échecs, la calligraphie, la peinture, la poésie et l'alcool) et des gens ordinaires (les autres étant le bois de chauffage, le riz, l'huile, le sel, le sauce soja et le vinaigre). Vous pouvez boire un thé dans un salon de thé avec vos amis, chez vous en famille, ou dans votre bureau au travail. Je voudrais travailler avec les autres jeunes Chinois pour promouvoir l'art traditionnel du thé chinois et pour que de plus en plus de Chinois aiment le thé", s'enflamme Li Hongyu.

(Rédacteurs :Wei SHAN, Guangqi CUI)
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