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Le PM italien annonce sa démission après le rejet de la réforme constitutionnelle

Xinhua | 06.12.2016 08h10

Le Premier ministre italien Matteo Renzi a annoncé lundi matin sa démission après sa défaite dans le référendum tenu dimanche sur la réforme constitutionnelle.

"L'expérience de mon gouvernement s'arrête ici", a déclaré M. Renzi lors d'une conférence de presse tenue lundi. Il a indiqué qu'il réunira le cabinet cet après-midi pour remercier ses ministres puis se rendra à Quirinale (le palais présidentiel) pour présenter sa démission au président Sergio Mattarella.

Les changements les plus importants de cette réforme concernent le processus de législation italien, la composition du Parlement, ainsi que l'équilibre des pouvoirs entre le gouvernement central et les régions.

Le principal amendement constitutionnel proposé dans le référendum était de réduire la taille du Sénat de 315 à 100 sièges, de lui retirer le pouvoir de faire tomber le gouvernement en cas de session de non-confiance et de voter sur la législation nationale. Actuellement, les projets de loi doivent être approuvés par les deux Chambres sous une forme identique afin de devenir une loi.

Après le comptage de tous les bulletins, la réforme a été rejetée à 59% des voix, ont révélé lundi les données du ministère de l'Intérieur.

Près de deux-tiers des 50,8 millions d'électeurs éligibles se sont rendus aux urnes, ce qui est un taux de participation très élevé pour un référendum en Italie.

"La participation au vote a surpassé toutes les attentes, et le 'non' l'a emporté d'une manière extraordinairement claire", a reconnu le Premier ministre.

"Mes meilleurs voeux vont aux dirigeants du front du 'Non', qui auront l'honneur et le devoir de soumettre de nouvelles propositions", a déclaré M. Renzi, qui assume l'entière responsabilité de cet échec.

Le référendum constitutionnel qui a été proposé était considéré comme un test de popularité décisif pour le gouvernement de centre-gauche de Matteo Renzi.

M. Renzi et son gouvernement soutenaient de tout leur poids cette réforme, clamant qu'elle aiderait à rendre le processus de législation italien plus efficace et qu'elle renforcerait la stabilité politique du pays.

L'Italie a vu passer plus de 60 gouvernements différents ces derniers 68 ans.

Le camp du "Non", mené par le parti populiste du Mouvement Cinq étoiles (M5S) et qui comprend la plupart des forces du centre-droit, des forces de gauche, et une minorité du parti Démocrate de Matteo Renzi (centre-gauche), estime que cette réforme aurait concentré trop de pouvoir dans la branche exécutive.

Le référendum était surveillé de près à travers l'Europe, alors que la chute du gouvernement Renzi pourrait ouvrir la porte à la montée d'un parti anti-européen et plonger la troisième plus grande économie de la zone euro dans une nouvelle crise politique, nourrissant l'instabilité économique.

Le rejet de la réforme pourrait être vu comme un autre signe marquant la montée des forces populistes en Europe, après le référendum du Royaume-Uni qui s'est conclu sur une sortie du pays de l'Union européenne.

Lundi, le cours de l'euro a chuté à son niveau le plus bas depuis 20 mois face au dollar.

Après la démission de Mateo Renzi, le président Mattarella devra consulter les dirigeants du parti afin de nommer un nouveau Premier ministre et former un nouveau gouvernement, dont la principale tâche sera de proposer une nouvelle loi électorale.

(Rédacteurs :Qian HE, Guangqi CUI)
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