Dernière mise à jour à 08h31 le 04/05

Page d'accueil>>International

Donald Trump et Vladimir Poutine s'entendent pour relancer le cessez-le-feu en Syrie

le Quotidien du Peuple en ligne | 04.05.2017 08h27

Le Président Donald Trump a rouvert les communications directes avec son homologue russe Vladimir Poutine mardi et a cherché à relancer ce qu'il espère être une relation spéciale en acceptant de travailler ensemble pour négocier un cessez-le-feu en Syrie. Dans leur première conversation téléphonique depuis que les États-Unis ont lancé des missiles de croisière contre l'armée syrienne soutenue par Moscou en représailles contre une attaque d'armes chimiques contre des civils, Donald Trump a accepté d'envoyer un représentant aux pourparlers de cessez-le-feu soutenus par la Russie, qui commencent mercredi à Astana, au Kazakhstan. Vladimir Poutine et lui ont également discuté sur une rencontre en Allemagne en juillet.

Cependant, les responsables américains et russes divergent sur leur intérêt à établir des zones sûres en Syrie pour protéger les civils victimes d'une guerre civile implacable qui dure depuis six ans. Selon un communiqué de la Maison Blanche, les deux dirigeants ont discuté de ces zones « pour parvenir à une paix durable pour des raisons humanitaires et bien d'autres ». La déclaration du Kremlin n'a pas mentionné les zones de sécurité et le porte-parole de M. Poutine a déclaré qu'elles n'avaient pas été discutées en détail. Pourtant, lors des pourparlers d'Astana, les envoyés de Vladimir Poutine ont l'intention de proposer que la Russie, l'Iran et la Turquie agissent en tant que forces tampons qui séparent le gouvernement et les forces rebelles dans certaines régions de la Syrie. Selon les diplomates et les analystes cependant, le gouvernement du Président Bachar al-Assad est sceptique au sujet de ce plan, le considérant comme la première étape vers une partition du pays.

L'appel entre Donald Trump et Vladimir Poutine visait également à dépasser la rupture des dernières semaines et à créer une relation plus collaborative. Le Président américain est arrivé au pouvoir en faisant l'éloge de son homologue russe et en faisant une priorité d'un rapprochement avec Moscou, mais son objectif a été entravé par de multiples enquêtes sur de prétendues ingérences russes lors de l'élection de l'année dernière et le choc causé par l'utilisation par la Syrie d'armes chimiques contre son propre peuple. L'optimisme initial des deux côtés a laissé place à une humeur aigre et incertaine, la gravité géopolitique poussant les deux dirigeants dans des directions opposées et réduisant les attentes. Si un accord majeur semble maintenant hors de portée, les deux leaders semblent toutefois vouloir trouver des domaines où ils pourraient s'entendre tout en gérant les zones où ils ne le feront pas. Car si la Russie craint l'unilatéralisme et l'imprévisibilité du Président américain, et si les États-Unis reprochent à la Russie d'avoir laissé le gouvernement syrien utiliser des agents chimiques, l'un et l'autre pays espèrent encore un accord.

L'appel téléphonique de mardi a été le troisième entre Donald Trump et Vladimir Poutine depuis la prestation de serment du premier en janvier. Les deux parties ont donné une évaluation positive, la Maison-Blanche caractérisant la conversation comme « très bonne » et le Kremlin la qualifiant de « professionnelle et constructive ». Aucun des deux côtés n'a mentionné le différend sur l'attaque chimique et la frappe de missiles de croisière. « Le Président Trump et le Président Poutine ont convenu que les souffrances en Syrie ont duré trop longtemps et que toutes les parties doivent faire tout leur possible pour mettre fin à la violence », a déclaré la Maison Blanche. Le Kremlin a de son côté déclaré que le Secrétaire d'État Rex Tillerson et le Ministre des affaires étrangères Serguei Lavrov « intensifieront » leur dialogue pour « chercher des options » en Syrie. « Ce fut un appel très constructif que les deux présidents ont eu », a déclaré M. Tillerson aux journalistes. « Ce fut un appel très très rapide, avec beaucoup d'échanges détaillés. Nous verrons donc où nous pourrons aller à partir de ça ». Les efforts de Donald Trump pour atténuer les tensions ont coïncidé avec une visite en Russie de la chancelière allemande Angela Merkel, qui a rencontré Vladimir Poutine dans la station balnéaire méridionale de Sotchi. Lors d'une conférence de presse avant son appel à Donald Trump, le Président russe a souligné que la coopération avec Washington était essentielle pour régler le conflit en Syrie.

(Rédacteurs :Guangqi CUI, Wei SHAN)
Partez cet article sur :
  • Votre pseudo
  •     

Conseils de la rédaction :