Nulle part où aller
Chen Jie, qui vit à Beijing, est à un an de l'âge de la retraite. Après un voyage dans sa ville natale recouverte de smog dans l'est de la Chine, qui s'est avérée aussi décevante que la capitale, Mme Chen est devenue déterminée à trouver un endroit propre pour s'installer pendant sa retraite.
Comme la nappe de smog a commencé à s'étendre des villes du nord du pays vers le sud, les recherches de Mme Chen sont allées aussi loin que de Hainan, la province insulaire la plus méridionale du pays, connue pour ses paysages tropicaux.
« J'ai été totalement surprise de voir que Haikou, la capitale, a aussi un problème de smog », a-t-elle déclaré.
Haikou, un lieu de villégiature considéré par beaucoup comme un endroit idéal pour se « nettoyer les poumons », a enregistré une semaine brumeuse au début de ce mois, avec des chiffres de smog atteignant plus de 100.
La pollution a été causée par des polluants dérivants des régions du nord, couplés avec les émissions des automobiles locales et des conditions météorologiques hivernales défavorables, ont expliqué les autorités locales après avoir mené une enquête d'urgence.
La fréquence des jours étouffés par le smog récemment constatée dans des villes du sud comme Haikou et Fuzhou, ainsi que dans des villes de l'Ouest comme Lhassa, où l'air est une attraction touristique majeure, a étonné les résidents locaux.
« Je séjourne à Haikou depuis près de 20 ans. Je n'ai vu que du brouillard, jamais du smog. Une brume comme ça pendant tant de jours de suite, c'est rare », a déclaré une femme du nom de Liu.
Ceux qui ne peuvent pas migrer vers d'autres lieux augmentent le temps passé chez eux, avec des filtres à air coûteux installés dans leurs appartements, et portent des masques autant que possible quand ils sortent les jours de smog.
A Shanghai, le centre économique de l'Est du pays, le smog a affecté les enfants et les personnes âgées qui sont vulnérables à l'air sale. Les hôpitaux locaux ont ainsi traité 5 070 cas de problèmes respiratoires entre le 2 décembre et le 5 décembre, en hausse de 25,9% par rapport à l'an dernier.
« Pour beaucoup de citadins, le bonheur apporté par la hausse de leurs revenus est loin d'être suffisant pour compenser la disparition de leur bonheur emporté par la pollution de l'environnement », a déclaré Zhang Xiaode, professeur à l'Académie chinoise de gouvernance.
« Si nous ne nous occupons pas sérieusement de la pollution, il n'y aura plus nulle part où aller », a dit Mme Chen.