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Il ne faut pas précipiter l'accord de paix : Soudan du Sud

Xinhua | 02.03.2018 08h37

Le Soudan du Sud a mis en garde la communauté internationale jeudi qu'exercer une pression indésirable sur les délais n'aiderait pas à mettre en place un accord de paix final.

Michael Makuei, ministre de l'Information, a déclaré que Juba était prêt à reprendre les pourparlers de redynamisation de l'accord de paix avec l'opposition armée à Addis Abeba, capitale de l'Éthiopie, mais que toute pression persistante ou menace de l'Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) ou de pays occidentaux comme le Royaume-Uni ou les États-Unis, ne pourrait aboutir à un accord.

"Dans les négociations, on n'annonce pas que ce doit être le dernier round (...) (on ne dit pas) si vous ne faites pas la paix on passera au Plan B qui sont des sanctions", a dit M. Makuei, soulignant "Nous ne pouvons pas être menacés. Nous sommes un pays, un État souverain, et personne n'a le droit de menacer le Soudan du Sud."

L'embargo sur les armes imposé actuellement par les États-Unis, et les propos qualifiant les négociations à venir comme dernière opportunité de faire la paix n'aident pas, pas plus que les menaces, a-t-il dit.

"C'est nous qui connaissons notre problème. Nous comprenons nos problèmes mieux que les autres, même s'il y a des gens ici qui clament être préoccupés par les vies et les conditions de vie du peuple du Soudan du Sud", a-t-il dit.

"Il n'est pas question que quelqu'un du troïka vienne me voir et me dise qu'il comprend mes problèmes mieux que moi", a dit M. Makuei, en référence au troïka formé par le Royaume-Uni, les États-Unis et la Norvège.

En déclarant le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, comme un partenaire inadéquat, l'administration de Donald Trump s'est montrée partiale, a-t-il dit.

Le troisième round de discussions du Forum de redynamisation de haut-niveau doit débuter à la mi-mars.

Des questions épineuses comme le mécanisme de sécurité de transition et un cessez-le-feu permanent devraient figurer en bonne place de l'ordre du jour.

En janvier devant le Conseil de sécurité de l'ONU, l'ambassadrice des États-Unis à l'ONU, Nikki Haley, a qualifié le dirigeant du Soudan du Sud de partenaire incapable d'apporter la paix et mettre fin au conflit, l'accusant de n'avoir pas mis en œuvre l'accord de cessation des hostilités (CDH) convenu avec les groupes humanitaires, ni autorisé l'accès humanitaire.

Le Soudan du Sud a plongé dans la violence en décembre 2013 suite à un litige politique entre le président Kiir et son ex-vice-président Riek Machar, déclenchant des combats entre les forces loyales à M. Kiir, principalement d'ethnie dinka, et celles fidèles à M. Machar, appartenant essentiellement à l'ethnie nuer.

Un accord de paix conclu en 2015 pour mettre fin aux violences a été une nouvelle fois enfreint en juillet 2016 quand les factions rivales ont repris les combats dans la capitale, contraignant le dirigeant rebelle Machar à fuir en exil.

Ce conflit a fait des dizaines de milliers de morts tandis que des millions d'autres personnes ont trouvé refuge dans les pays voisins.

(Rédacteurs :Wei SHAN, Guangqi CUI)
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