La presse française a considéré mercredi matin qu'en envisageant la voie diplomatique pour sortir de la crise syrienne, Paris cherche à éviter l'option militaire, tout en gardant la face.
"Reculer, la tête haute", a souligné Le Figaro, dans son éditorial, tout en estimant que l'accueil favorable réservé à l'initiative russe invitant Damas à mettre sous contrôle international son arsenal chimique pourrait permettre aux dirigeants français et américain de "sortir du marécage dans lequel ils se sont jetés".
"L'art de la diplomatie s'apparente parfois à celui de sauver la face", a constaté le quotidien de droite. "Avec un empressement remarquable, les va-t-en-guerre Barack Obama et François Hollande ont saisi la perche que leur tendaient les Russes", a-t-il poursuivi.
Quant au journal Libération, il a également conclu que Washington a trouvé dans la proposition russe "matière à sauver la face". "L'idée agitée par Poutine permet avant tout de desserrer l'étau militaire autour de Damas et d'affaiblir la résolution déjà chancelante des commandants en chef français et américain", a affirmé le journal français de gauche.
Le Monde a, lui aussi, titré mercredi sur "l'initiative russe qui éloigne les frappes occidentales". Le grand quotidien français a mis en avant que cette proposition de Moscou a permis de "rebattre les cartes diplomatiques", en éloignant en particulier la perspective de frappes contre la Syrie.
"Comment, en effet, les justifier si la menace des armes chimiques disparaît ? On n'en est pas là, mais la donne du débat a néanmoins été profondément bouleversée", a poursuivi le journal.
"Ce changement tombe à point nommé, tant la France et les Etats-Unis avaient des difficultés à convaincre leurs opinions de la pertinence de frappes contre le régime de Bachar Al-Assad Et aussi, à construire une coalition internationale favorable à une option militaire en Syrie", a précisé Le Monde.